A quoi sert la mission d’information qui va auditionner Philippe et Véran ?


Le Premier ministre, Edouard Philippe, et son ministre de la Santé, Olivier Véran, vont se retrouver ce mercredi 1er avril face à une quarantaine de députés qu ont de nombreuses questions, pour le coup d’envoi d’une mission d’information sur « l’impact, la gestion et les conséquences de l’épidémie de Covid-19 ». La première audition doit avoir lieu à 18 heures par visioconférence.

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Le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand (LREM), présidera cette mission et en sera le rapporteur général. C’est lui qui, dès la mi-mars, avait mis sur la table cette mission d’information, coupant l’herbe sous le pied des oppositions. Trente et un députés, issus de tous les bancs, ainsi que les présidents des huit groupes politiques la constitueront.

L’exécutif sur le gril des députés

Au programme pour Edouard Philippe et Olivier Véran : une avalanche de questions concernant le manque de masques, de tests, la pénurie de médicaments, mais aussi ajustement des mesures économiques et sociales, et quelques reproches d’imprévoyance envers l’exécutif, en relais des interrogations des Français.Où sont les masques ? Le scandale d’une pénurie

Côté pratique, la mission aura rendez-vous chaque mercredi par visioconférence et pourra, outre des auditions, demander au gouvernement et à l’administration des informations complémentaires par écrit.

Ce n’est qu’au « retour à la normale » après l’épidémie que cette mission se dotera des pouvoirs d’une commission d’enquête, pour mener notamment des investigations sur pièces et sur place. Son rapporteur général sera alors un député LR, ce qui « coupe court à tout débat sur un verrouillage », observe-t-on de source parlementaire LREM.

Pas un « tribunal d’inquisition »

A ce stade, les députés ne doivent pas « se tromper », prévient un ministre à l’AFP : « C’est un exercice d’information, de transparence » qui ne doit pas verser dans l’« empêchement de la gestion de la crise » pour le gouvernement.

Il s’agit de comprendre « comment les décisions se sont enchaînées », mais la mission et la commission d’enquête qui en découlera ne sont pas « un tribunal de l’inquisition » a renchéri Richard Ferrand mercredi sur France-Info.

« Il nous faut faire notre travail de contrôle démocratique, mais certainement pas pour entraver celles et ceux qui sont en première ligne. Nous n’allons pas demander aux responsables de santé […] de venir devant notre mission alors que jour et nuit ils se battent sur le front sanitaire », a-t-il ajouté.

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Les sénateurs LR prévoient également une commission d’enquête à la chambre haute, « quand le moment sera venu », selon leur chef de file, Bruno Retailleau.

L’opposition fait la moue

Après l’annonce de la mise en place de cette mission d’information, le député Damien Abad (LR) avait annoncé son intention de créer à l’automne une commission d’enquête : Richard Ferrand avait répondu que c’était à l’Assemblée de se saisir du sujet « de manière pluraliste ». « Nous ne serons pas dans les querelles idéologiques mais dans les questions concrètes », assure à l’AFP Damien Abad, qui prévoit après le temps de la gestion de crise celui de la « relance économique » puis de « l’analyse politique ».

Auprès du HuffPost, le socialiste Boris Vallaud, qui siégera au sein cette mission d’information, estime que celle-ci devra s’inscrire dans « un accompagnement de l’action du gouvernement. » Il espère toutefois que les auditions ne se transformeront pas en « une forme de contrôle sur le contrôle. »

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Pour leur part, les députés communistes, « pas conquis » par l’initiative de la majorité, continuent d’envisager de lancer leur propre commission d’enquête.

Alors qu’Emmanuel Macron avait qualifié mardi d’« irresponsables » ceux qui « cherchent déjà à faire des procès alors que nous n’avons pas gagné la guerre », Mathilde Panot, l’une des députés de La France insoumise qui siégera à la commission, prévient : « La cohésion nationale n’est pas un chèque en blanc. »

Interrogée sur France 2 mercredi 1er avril, Marine Le Pen a dit ne « rien » attendre de l’audition du soir faute de présence du « premier parti de l’opposition », plaidant que « le confinement ne peut pas non plus confiner la démocratie ».





nouvelobs

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