Le décryptage éco. Avec la crise du coronavirus, va-t-il y avoir des hausses de prix dans les magasins ?


Des produits de première nécessité dans des chariots. Photo d’illustration. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

La chaîne de production et d’approvisionnement est tellement chamboulée par l’épidémie qu’il faut s’attendre à des augmentations de tarifs. Certains transporteurs augmentent leurs tarifs à cause des difficultés qu’ils ont à assurer leur activité pendant la crise. Faut-il s’attendre à des hausses de prix, notamment pour les produits de première nécessité ?

Concrètement, il y a des absences de salariés qu’il faut remplacer, des heures supplémentaires qu’il faut payer, des équipements de protection qu’il faut acheter, mais aussi des matières premières que l’on va chercher parfois dans d’autres réseaux de distribution. Tous ces changements ont un coût. C’est comme cela en tout cas que les transporteurs de produits frais justifient leurs hausses de tarifs en ce moment. Et évidemment, ces augmentations peuvent vite se répercuter sur le consommateur final.

Pour le moment, il n’y a pas de pénuries alimentaires … Mais qu’en sera t il demain si le secteur agricole manque de bras pour les récoltes dans les champs, parce que les saisonniers et les travailleurs détachés étrangers habituels ne peuvent pas venir en France ? Il faut vous attendre à ce que le prix de certains fruits et légumes augmente. Ne serait-ce que parce qu’il y en aura moins sur le marché. C’est la loi de l’offre et de la demande. Plus le confinement va durer et plus il y aura des risques de hausses de tarifs. 

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire a dit qu’il n’hésiterait pas à instaurer un encadrement des prix s’il constatait des abus. Il l’a fait, d’ailleurs, au début de la crise, sur le gel hydroalcoolique. Souvenez-vous, cela a évité la flambée des prix, mais c’était particulier, c’est un produit sanitaire. Le gouvernement ne peut pas encadrer les tarifs de tous les produits non plus. Il peut surtout traquer les comportements opportunistes, parce que la crise peut aussi avoir bon dos. Dans le cas des transporteurs, par exemple, ces hausses font grincer des dents, parce qu’en même temps, les prix des carburants ont beaucoup chuté.  

On constate d’ailleurs des baisses de prix sur certains produits. L’essence et le gasoil, par exemple. Depuis début 2020, le litre a perdu plus de 20 centimes, cela fait grosso modo plus de huit euros d’économie pour un plein de 40 litres. Après la crise, certains produits et services vont probablement être bradés. Après des semaines de confinement, les commerces vont vouloir écouler leurs stocks. Les filières du tourisme, ou de l’aérien, qui souffrent beaucoup, vont probablement chercher à attirer le chaland à coups de promotions cet été.



francetvinfo

A lire aussi

Laisser un commentaire