Hidalgo devance largement Dati et Buzyn


Le pari semble réussi pour Anne Hidalgo au soir du premier tour des municipales, dimanche 15 mars. Selon de premières estimations, elle obtiendrait 30 % des intentions de vote et un écart plus important qu’attendu sur la candidate LR Rachida Dati (22 %), devant la représentante de la majorité présidentielle Agnès Buzyn (17 à 18 %) et l’écologiste David Belliard (entre 11 et 12 %).

L’enjeu est d’importance pour la maire PS sortante, Anne Hidalgo, qui sollicite un second mandat. Ses choix emblématiques en faveur de l’écologie clivent. Les Parisiens s’accordent sur l’objectif d’une ville moins polluée et fréquentent avec plaisir les voies sur berge le week-end mais beaucoup râlent sur les embarras de circulation qui en découlent.

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Dimanche soir, Anne Hidalgo a appelé à l’« unité » avec « écologistes » et « progressistes » pour affronter les « crises qui s’annoncent », sans toutefois appeler au report du second tour.

En vue du second tour, elle devrait recevoir le renfort de David Belliard (EELV) qui, durant son premier mandat, appartenait à la majorité municipale. « Nous avons parlé à David Belliard et nous allons peut-être négocier ce soir », a affirmé à l’AFP un proche de la maire socialiste. L’équipe d’Anne Hidalgo attend désormais « qu’ils viennent » au local de « Paris en commun », à deux pas de l’Hôtel de Ville et non dans un hôtel comme prévu initialement. Le Novotel où devaient se tenir les tractations « nous met dehors. On n’a plus de lieu de négociation », a indiqué plus tôt la directrice de campagne de M. Belliard, Hélène Bracon.

Hidalgo, Buzyn, Dati : la guerre des trois pour Paris

Pendant la campagne, la dynamique électorale a été du côté de Rachida Dati (LR), obligeant les barons parisiens des Républicains à taire leurs réticences sur sa candidature et à se ranger derrière elle. Mais la victoire de la droite à Paris, aux mains des socialistes depuis dix-neuf ans, paraît improbable tant sa candidate manque de réserves de voix pour le second tour, et s’est jusqu’alors montrée défavorable à toute alliance avec Agnès Buzyn.

Pour « tourner la page Hidalgo », l’ancienne garde des Sceaux a appelé, dans un discours dimanche soir, « tous ceux qui veulent le changement à [la] rejoindre en gardant en tête qu’ils sont les seuls propriétaires de leurs votes ».

Un rassemblement également appelé de ses vœux par la marcheuse Agnès Buzyn, qui a déclaré « tend[re] la main à ceux qui partagent les mêmes objectifs », peu après la candidate de la droite. Entrée en campagne il y a moins d’un mois, l’ancienne ministre de la Santé croit toujours en ses chances et pose déjà « les premiers jalons pour des alliances par secteur », a assuré à l’AFP son entourage. Mission d’autant plus difficile avec un dissident comme Cédric Villani. Verra-t-on se former des alliances à géométrie variable selon les arrondissements ou un front « tous contre Hidalgo » ?

Le « tout sauf Hidalgo », une arme à double tranchant ?

Des alliances nécessaires… encore faut-il que le second tour se tienne, ce qui est incertain. L’accélération brutale de l’épidémie de coronavirus laisse craindre un report qui annulerait de facto l’ensemble de l’élection.

Résultats estimés des candidats au premier tour :

  • Anne Hidalgo (PS-PCF) : 30 %
  • Rachida Dati (LR) : 21,5 %
  • Agnès Buzyn (LREM) : 18,3 %
  • David Belliard (EELV) : 11,1 %
  • Cédric Villani : 7,3 %
  • Danielle Simonnet (LFI) : 5,3 %
  • Serge Federbusch (RN) : 1,6 %
  • Marcel Campion : 0,4 %

(estimation Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV)

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