[Revue de presse] Elargissement : la Macédoine du Nord et l’Albanie franchissent une nouvelle étape


Revue de presse
25.03.2020

Mardi 24 mars, les ministres des Affaires européennes de l’UE ont donné leur accord pour entamer des pourparlers en vue des négociations d’adhésion avec la Macédoine du Nord et l’Albanie. Une décision qui intervient malgré la crise sanitaire à laquelle l’Union européenne est confrontée.

Les ministres des Affaires étrangères des 27 Etats de l’Union se sont dit prêts à ouvrir les négociations en vue de l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord lors d’une vidéo-conférence le 24 mars – Crédits : Conseil de l’Union européenne

En pleine crise du coronavirus, l’Europe n’en délaisse pas pour autant ses projets d’élargissement. Mardi 24 mars, les ministres des Affaires européennes ont donné leur feu vert “pour que la Macédoine du Nord et l’Albanie entament des pourparlers en vue de leur adhésion à l’Union”, rapporte Politico. Une déclaration purement politique, qui n’engage pas automatiquement l’ouverture de négociations. Le texte doit encore être “soumis jeudi aux chefs d’Etat et de gouvernements qui devraient confirmer la décision de leurs ministres et donneront mandat à la Commission européenne pour préparer un cadre de négociations” [Les Echos]. « Ce dernier devra être entériné lors d’un autre sommet européen et une date sera alors décidée pour l’ouverture des négociations« , poursuit le média. Cela constitue néanmoins une étape majeure pour la Macédoine du Nord, qui a déposé sa demande d’adhésion il y a quinze ans, et pour l’Albanie, qui en a fait de même il y a six ans.

“Montrer que l’UE reste opérationnelle”

Plusieurs responsables voient dans cette décision une preuve de la vigueur du projet européen. « L’UE reste opérationnelle« , s’est félicitée la secrétaire d’État croate aux Affaires européennes. Du côté des nouveaux candidats, le ministre nord-macédonien des Affaires étrangères a estimé que la décision des Etats membres constituait un signe de solidité de l’UE [Euronews]. Le fait que « l’UE ait trouvé la volonté, l’énergie et la force pour prendre cette décision en ces temps difficiles est un signal très important pour nous« , a-t-il précisé [Politico]. Pour Olivér Várhelyi, commissaire européen en charge de l’Elargissement, “c’est la preuve que l’UE est prête à prendre des décisions stratégiques même dans des circonstances difficiles” [La Libre].

Pour Politico, cette décision prise à l’issue de la réunion est “la preuve que le bloc de 27 membres pouvait parvenir à un accord sur un sujet qui a longtemps été source de division, alors même que l’Europe est en proie à la crise du coronavirus”. Euronews considère également que “c’est une façon de montrer que les 27 sont toujours en mesure de prendre des décisions et que les institutions fonctionnent” malgré la crise sanitaire. Le média européen ajoute que pour les Etats membres, cette décision est aussi “une façon de contrebalancer l’influence de la Russie et de la Turquie dans la région”.  Néanmoins, La Libre reste plus réservée. Pour le quotidien belge, cette décision “significative” risque, sinon de “passer inaperçue, du moins de peu redorer l’image de l’Union dans les Balkans de l’Ouest, alors que la région attend une aide européenne pour affronter le défi du Covid-19 et qu’une date de lancement des négociations d’adhésion n’est pas encore fixée”. Un point de vue résumé sans détours par un diplomate nord-macédonien cité dans le média belge : « La Macédoine du Nord attend ce feu vert depuis quinze ans. Elle l’obtient à un moment où tout le monde s’en fout. »

Un chemin encore long

Si la réouverture des discussions envoie un message “fort et clair” aux pays de l’ouest des Balkans, le chemin vers l’adhésion est encore long [La Libre]. Plusieurs pays dont l’Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark insistent notamment sur la mise en place de réformes de leurs systèmes judiciaires afin de garantir le respect de l’Etat de droit, la lutte contre la corruption et le financement des partis politiques [Euractiv]. Des réformes qui concernent particulièrement l’Albanie [Le Point avec AFP]. La France, les Pays-Bas et le Danemark, dont le positionnement avait suspendu discussions en octobre dernier, justifiaient en effet leur veto en exprimant leur crainte qu’intégrer davantage de pays où “le crime organisé et les problèmes de corruption sont profondément enracinés ne soit impopulaire auprès des électeurs de leur pays et ne favorise les populistes nationalistes”. La décision prise hier représente donc pour le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas une forme de reconnaissance tardive des réalisations des deux Etats en matière de réformes [Politico].

Par ailleurs, Paris a obtenu de la Commission européenne une révision des règles qui président aux négociations d’adhésion. “S’il s’agit d’une satisfaction pour tous les acteurs, chacun sait que les obstacles seront nombreux”, ajoute Euronews. En attendant, dans les Balkans, “la confiance envers l’UE dépendra de la manière dont l’UE se positionnera à l’égard des pays candidats, face au défi du coronavirus”, analyse la directrice de l’European Policy Institute de Skopje, Simonida Kacarska, dans La Libre. Pour l’heure, la Commission a mobilisé “30 millions d’euros pour aider les pays des Balkans à se doter de matériel médical”, précise le média.

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