Face à la menace coronavirus, le pouvoir a-t-il tardé à réagir ?


C’est une petite bombe lâchée en pleine « guerre » et qui a atteint le sommet de l’Etat. Emmanuel Macron et Edouard Philippe s’y attendaient d’autant moins qu’elle est venue de leur camp : Agnès Buzyn, dont l’un et l’autre vantaient les qualités politiques au point de l’envoyer en sauveuse de la macronie à Paris après la débandade Griveaux. Dans « le Monde », au lendemain du premier tour des municipales où elle a terminé loin derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati, l’ex-ministre de la Santé, ébranlée, revient sur sa gestion de la crise sanitaire et son départ en campagne. « Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais, confie la spécialiste d’hématologie, parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. » Elle explique même avoir averti le chef du gouvernement que les élections municipales risquaient de ne pas avoir lieu…

Quelques heures plus tard, elle corrige le tir dans un communiqué : « Très tôt, nous avons considéré le virus comme une menace sérieuse. Sans délai, nous avons organisé des réunions de travail autour du Premier ministre, avec le directeur général de la Santé, pour analyser et préparer la réponse sanitaire le cas échéant. » Mais le mal est fait. Chez En Marche !, on s’interroge sur ce « suicide politique de Buzyn ». L’ancienne ministre a-t-elle mesuré à quel point elle se mettait elle-même et le gouvernement dans une position difficile ? Si elle dit vrai, pourquoi ne pas avoir pris plus tôt des mesures chocs ? Le gouvernement a-t-il sous-estimé la

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