les consignes difficilement lisibles du gouvernement


Vous n’êtes plus tout à fait sûr d’y voir très clair dans les consignes du gouvernement ? Rassurez-vous, il est probable que vous ne soyez pas le seul. Au troisième jour du confinement national, à l’heure où l’urgence sanitaire percute l’impératif économique, le message gouvernemental semble se brouiller. D’un côté, l’exécutif cherche à inciter les Français à rester confinés. « Trop » de Français prennent les consignes « à la légère » a déploré Emmanuel Macron. Une flopée « d’imbéciles », a sermonné le ministre de l’Intérieur. En trois jours, la police a déjà verbalisé près de 18 000 Français rétifs au confinement. De l’autre, le gouvernement cherche à maintenir autant que possible une activité économique. Au risque d’édicter des consignes sMédia d’appel anitaires contradictoires ou peu lisibles.

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Restez chez vous… mais faites tourner le pays

Rester à la maison : depuis lundi soir, le gouvernement, les autorités, et désormais les forces de l’ordre répètent ce commandement sur tous les tons… Et en même temps, il faut aussi aller travailler. Rester chez soi et en même temps sortir de chez soi. « C’est complexe » à expliquer, a reconnu le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Mais c’est pourtant essentiel a assuré jeudi Emmanuel Macron : « Nous devons continuer à produire et à faire tourner le pays »

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Son message ne s’adresse pas seulement à ceux qui peuvent télétravailler ou dont la tâche est aujourd’hui essentielle (soignants, policiers, livreurs, caissière…) mais bien à tous les Français qui le peuvent si l’on écoute Muriel Pénicaud. « Dans une petite entreprise qui fabrique des emballages en cartons… on peut se demander si on est concerné. Mais peut-être que ces emballages vont emballer les gels envoyés à l’hôpital, ou la farine du boulanger », dit la ministre du Travail.

Ce vendredi, plusieurs médecins ou syndicats de médecins ont au contraire appelé le gouvernement à un confinement plus strict pour contenir l’épidémie.

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Poursuivez les chantiers coûte que coûte !

Le ton est monté ces derniers jours entre le gouvernement et les représentants du secteur du BTP. Après qu’une fédération a appelé ses adhérents à cesser le travail, la ministre du travail Muriel Pénicaud a cru bon de l’accuser de « défaitisme » et de « manque » de civisme. L’exécutif a même menacé de priver le secteur du chômage partiel dont bénéficient les salariés de toutes les entreprises mises à l’arrêt par la crise. Car il considère que les chantiers font partie des activités économiques pouvant être poursuivies puisqu’elles ont lieu à l’extérieur et non dans un espace confiné.

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D’un côté, il interdit aux Français de se rassembler à l’extérieur, de l’autre, il met la pression aux patrons et ouvriers du BTP pour qu’ils se rassemblent sur les chantiers. « Incompétence totale », a fustigé la CGT. « Un chantier est un foyer de contagion important car il réunit des professionnels souvent par dizaines, venant de lieux, de métiers et d’entreprises différentes », a souligné la fédération des SCOP (sociétés coopératives) du BTP. Ce vendredi, le ton s’est un peu calmé. Un accord serait en vue pour une reprise encadrée des chantiers.

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Faites de l’exercice… mais pas trop

Devant leur téléviseur, beaucoup des 35 millions de Français ont pu voir un décalage entre le ton martial d’un Emmanuel Macron chef de « guerre » et l’autorisation donnée dans la foulée par Christophe Castaner d’aller promener son chien ou se dégourdir les jambes. Depuis, le décret autorisant les « déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective » n’a cessé de donner lieu à interrogation. Et tous les médias du pays ont cherché à savoir où, sur quelle distance et pendant combien de temps chaque Français pouvait aller courir. Le ministère des Sports a tenté de clarifier sa consigne : ne sont autorisés que les footings courts de 2 kilomètres maximum autour de chez soi.

 





nouvelobs

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