Coronavirus: après la crise, la Chine tente un retour en for



Après de longues semaines de paralysie, l’économie chinoise -qui pèse 17% du PIB mondial- peut-elle rebondir? Alors que le nombre de contaminations au Covid-19 semble marquer le pas dans l’empire du Milieu, la question, dans les milieux d’affaires, est sur toutes les lèvres. « Les signaux sont positifs », considère Ding Yifan, directeur adjoint de l’Institut d’étude sur le développement mondial à Pékin. « L’épidémie est visiblement sous contrôle », appuie-t-il, relayant le message du président Xi Jinping qui, lors de sa visite à Wuhan -épicentre du coronavirus- début mars, a considéré que sa propagation était « pratiquement jugulée ».

L’économie de la deuxième puissance mondiale peut donc repartir, assène la propagande locale. « Le virus n’affaiblira pas notre économie », titrait ainsi récemment le très officiel China Daily. Pour le régime, l’enjeu est capital. Zhongnanhai (l’Elysée chinois) espère en effet une reprise en V, misant sur un rebond rapide et durable de l’activité. Réaliste? Pas si sûr. Nombre d’économistes, dont Bert Hofman de l’Université nationale de Singapour, pronostiquent au contraire une baisse du PIB chinois, au moins sur le premier trimestre 2020. De l’ordre de 2 à 6% (contre +6,2% sur la même période l’an dernier).

Trafic aérien figé

Une chose est sûre, le pays sort à genou de ces longues semaines de confinement forcé. Indice: le trafic aérien littéralement figé. Fin février, seuls 1.000 avions, contre 5.000 habituellement, se posaient chaque jour en Chine. L’activité touristique (flux entrants et sortants) est au point mort. Quant au trafic maritime, il a chuté de 30% dans certains grands ports chinois, selon les calculs de la start-up QuantCube. Sans compter l’impact violent -même s’il est difficilement mesurable à ce stade- sur les métiers de services et l’ensemble de l’activité industrielle.

Pourtant, « la vie économique reprend », observe François Candelon, spécialiste du marché chinois au Boston Consulting Group. Et d’énumérer: « 90% des grandes entreprises et 52% des PME ont repris le travail depuis deux semaines ». Le volume des transactions immobilières est par ailleurs remonté à 47% de son niveau habituel (après une chute vertigineuse à 1% le mois dernier). Même hausse observée de la consommation du charbon ou du trafic routier.

Rebond opportuniste

A Wuhan même, le constructeur japonais Nissan a annoncé une reprise partielle de sa production sur place. Idem pour Honda ainsi que pour les constructeurs tricolores PSA et Renault -tous deux présents en tandem avec le chinois Dongfeng-, qui envisagent une réouverture de leurs usines. « Dans les grandes villes comme Shanghai, les gens consomment à nouveau. Mais c’est une reprise fragile, alerte François Candelon. Les autorités redoutent une deuxième vague du virus, ce qui anéantirait toute perspective de rebond durable. »

Cette crise sanitaire majeure pourrait aussi fragiliser le système d’approvisionnement et par ricochet l’ensemble de la chaîne de production de « l’usine du monde ». Et se répercuter in fine sur les consommateurs. Un scénario que redoute le régime de Xi Jinping, qui s’est toujours appuyé sur la croissance économique continue du pays pour asseoir son pouvoir. En prévision, le gouvernement chinois a annoncé samedi 21 mars qu’il réduirait grandement les taxes pour stimuler l’investissement dans le secteur privé et accélérer le développement de nouvelles infrastructures visant à relancer l’économie. Dès lors, la Chine pourrait, prédit Ding Yifan, sortir « renforcée de cette épisode épidémique ». Tout comme en 2003, au moment du SRAS. Cette année-là, l’empire du Milieu avait enregistré un taux de croissance record à 10%…

Par Pierre Tiessen

Après de longues semaines de paralysie, l’économie chinoise -qui pèse 17% du PIB mondial- peut-elle rebondir? Alors que le nombre de contaminations au Covid-19 semble marquer le pas dans l’empire du Milieu, la question, dans les milieux d’affaires, est sur toutes les lèvres. « Les signaux sont positifs », considère Ding Yifan, directeur adjoint de l’Institut d’étude sur le développement mondial à Pékin. « L’épidémie est visiblement sous contrôle », appuie-t-il, relayant le message du président Xi Jinping qui, lors de sa visite à Wuhan -épicentre du coronavirus- début mars, a considéré que sa propagation était « pratiquement jugulée ».

L’économie de la deuxième puissance mondiale peut donc repartir, assène la propagande locale. « Le virus n’affaiblira pas notre économie », titrait ainsi récemment le très officiel China Daily. Pour le régime, l’enjeu est capital. Zhongnanhai (l’Elysée chinois) espère en effet une reprise en V, misant sur un rebond rapide



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