Au Havre, Edouard Philippe vire en tête



En pleine crise du coronavirus, il s’en contentera bien pour ce premier tour des municipales : même si Edouard Philippe n’a pas réédité sa performance de 2014 – il avait été élu dans un fauteuil maire du Havre dès le premier tour avec 52,04 % des voix –, le Premier ministre, de nouveau candidat sur ses terres, vire ce dimanche en tête du scrutin. Sa liste estampillée « divers centre » obtient 43,59 % des suffrages exprimés. Elle devance de huit points celle de son rival communiste Jean-Paul Lecoq qui, lui, crée la surprise en totalisant 35,87 % des voix. Si deuxième tour il y a – et pour l’heure, rien n’est moins sûr –, c’est donc un duel qui s’annonce entre le chef du gouvernement et le député PC de la huitième circonscription de Seine-Maritime. Aucun autre candidat ne dépasse la barre des 10 % : ni le Vert Alexis Deck (8,28 %) ni le frontiste Frédéric Groussard (7,31 %).

Les principaux résultats du premier tour des municipales : Philippe en ballottage au Havre, EELV en tête dans plusieurs villes

Si la percée du candidat communiste est notable (Lecoq gagne dix points par rapport au sondage Ifop publié la semaine dernière qui le créditait de 25 % d’intentions de vote), l’entourage d’Edouard Philippe se montre toutefois assez confiant pour la suite des événements : « Lecoq a peu de réserves de voix », veut croire la députée Agnès Firmin Le Bodo, numéro deux sur la liste. Dans le camp du chef du gouvernement, on ne cessait de répéter ces dernières semaines que l’important était de terminer au-dessus de la barre des 40 %. C’est chose faite donc et, sur le papier, l’objectif est rempli. Il n’empêche, prudence : la dynamique penche du côté de son adversaire communiste. Et le duel, s’il a lieu, s’annonce bien plus incertain que prévu.

Complètement mobilisé par la lutte contre l’épidémie de coronavirus – dans laquelle il n’est pas exclu qu’il laisse quelques plumes –, Edouard Philippe joue au Havre une partie de son avenir politique. S’il perd, et cette hypothèse n’est pas encore tout à fait à écarter, cela ouvrirait irrémédiablement la porte à un départ de Matignon. Même si, comme nous le confiait il y a quelques jours un membre du premier cercle d’Emmanuel Macron, « on ne remanie pas un gouvernement alors que le pays connaît une crise sanitaire majeure ». A contrario, s’il l’emporte, et que l’exécutif parvient à prendre des mesures efficaces pour enrayer la progression du Covid-19, le Premier ministre peut espérer sortir grandi de ce scrutin inédit. Sans compter les victoires attendues de maires sortants catalogués centre droit et étiquetés « philippistes » – Benoist Apparu à Châlons-en-Champagne, Christophe Béchu à Angers, Laurent Marcangeli à Ajaccio, etc.

Mais au Havre comme ailleurs, c’est bien le sentiment d’incertitude qui domine ce dimanche soir. Et les spéculations vont désormais bon train autour de la tenue du deuxième tour. Aura-t-il lieu ? Si oui, quand ? Edouard Philippe n’a pas eu le temps de se réjouir de ses résultats, il est aussitôt reparti sur le front du coronavirus. Il a annoncé qu’il réunirait les formations politiques et le conseil scientifique pour décider d’un report du second tour. Si un tel scénario advenait, le candidat Edouard Philippe devrait donc patienter pour y voir plus clair sur son avenir.





nouvelobs

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