La confiance reste le meilleur des antidotes à la pandémie



Peu d’hommes politiques ont eu à affronter une crise aussi grave que la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques. Trois facteurs détermineront l’efficacité de leurs réactions: leur attitude vis-à-vis de l’incertitude, la compétence de leur système de santé et, surtout, la confiance de leur population. L’incertitude tient à plusieurs facteurs: l’un est que l’on ne comprend toujours pas entièrement comment agit le Covid-19; l’autre concerne la nature de la pandémie, qui se propage vite sans être décelée. A peine les premiers cas sont-ils détectés quelque part qu’elle éclôt ailleurs, comme en Italie, en Iran et en Corée du Sud.

Les méthodes brutales imposées en Chine ont semble-t-il eu des résultats, mais nul ne peut dire si la maladie ne va pas ressurgir lorsque les mesures de quarantaine seront assouplies. Et ces méthodes sont difficilement applicables en démocratie. L’Italie a imposé des mesures d’isolement, mais les autorités comptent surtout sur l’autodiscipline des citoyens.

L’efficacité de la riposte dépend aussi de la structure des systèmes de santé. Même les grands hôpitaux des pays riches auront du mal à faire face. Les systèmes universels, comme le NHS britannique, pourront mobiliser plus facilement des ressources et adapter leurs pratiques, contrairement aux systèmes privés fragmentés. Aux Etats- Unis, le système privé est optimisé pour les patients payants. Mais les 28 millions d’Américains non assurés, les 11 millions d’immigrés illégaux et tous ceux qui n’ont pas droit aux indemnités maladie ont toutes les raisons de chercher à éviter les tests de dépistage ou une mise en quarantaine.

Les scientifiques et médecins au centre du gouvernement

Enfin, l’incertitude pèsera sur le troisième facteu : la confiance. Celle-ci permet aux gouvernants de faire accepter des mesures difficiles, comme l’isolement ou la fermeture des écoles. Rien ne favorise plus les rumeurs et l’anxiété que quand les gens soupçonnent leurs dirigeants de dissimuler la vérité. En minorant la menace, ils finissent par semer la confusion et faire perdre des vies. Que doivent faire les responsables politiques? Chaque gouvernement doit trouver le juste équilibre entre les nécessaires mesures pour détecter le plus tôt possible les contaminations et l’empiétement sur la vie privée. Ayant tiré les leçons de l’épidémie de SRAS en 2003, Singapour y est parvenu. Les autorités ont réagi très vite. Elles ont pu adopter des mesures difficiles avec le consentement des citoyens parce que leur message a toujours été cohérent, fondé sur la science.

En définitive, la pandémie place les médecins et scientifiques au centre du gouvernement. Les pandémies sont par nature des phénomènes mondiaux. Les pays doivent travailler de concert sur les thérapeutiques et, espérons-le, la mise au point d’un vaccin. Face à l’urgence, les électeurs inquiets toléreront de moins en moins les pantomimes de la politique partisane. Ils veulent que leurs gouvernements s’occupent des vrais problèmes auxquels ils sont confrontés, ce qui devrait être l’objectif premier de la politique.

Peu d’hommes politiques ont eu à affronter une crise aussi grave que la pandémie de coronavirus et ses conséquences économiques. Trois facteurs détermineront l’efficacité de leurs réactions: leur attitude vis-à-vis de l’incertitude, la compétence de leur système de santé et, surtout, la confiance de leur population. L’incertitude tient à plusieurs facteurs: l’un est que l’on ne comprend toujours pas entièrement comment agit le Covid-19; l’autre concerne la nature de la pandémie, qui se propage vite sans être décelée. A peine les premiers cas sont-ils détectés quelque part qu’elle éclôt ailleurs, comme en Italie, en Iran et en Corée du Sud.

Les méthodes brutales imposées en Chine ont semble-t-il eu des résultats, mais nul ne peut dire si la maladie ne va pas ressurgir lorsque les mesures de quarantaine seront assouplies. Et ces méthodes sont difficilement applicables en démocratie. L’Italie a imposé des mesures d’isolement, mais les autorités comptent surtout sur l’autodiscipline des citoyens.

L’efficacité de la riposte dépend aussi de la structure des systèmes de santé. Même les grands hôpitaux des pays riches auront du mal à faire face. Les systèmes universels, comme le NHS britannique, pourront mobiliser plus facilement des ressources et adapter leurs pratiques, contrairement aux systèmes



challenges

A lire aussi

Laisser un commentaire