« Ce que je ressens aujourd’hui ? De la rage ! »



On a longtemps reproché à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, d’avoir beaucoup trop dépensé pour freiner l’épidémie de grippe A au vu du nombre de morts. Alors que la pénurie de masques est dramatique, qu’on se retrouve à exhumer des masques périmés stockés dans les caves et datant justement de la grippe A, l’ancienne ministre de la Santé nous répond.

Quand la France possédait deux milliards de masques pour faire face à une pandémie…

L’Obs. Les soignants lancent aujourd’hui un SOS pour qu’on leur distribue des masques. Les entreprises et les particuliers sont incités à venir apporter leurs stocks, même périmés. Les salariés obligés d’aller travailler au contact de public ne sont pas plus équipés… Que ressentez-vous face à tant d’impréparations ?

Ce que je ressens aujourd’hui ? De la rage. Pendant plusieurs années, on a détricoté tout ce qui avait été mis en place pour prévenir les risques, à force de restrictions budgétaires. J’ai été beaucoup attaquée pour ma gestion de la grippe A, on m’a accusée d’avoir gaspillé l’argent public, d’avoir mis en place des moyens disproportionnés. J’ai été auditionnée par la commission d’enquête en 2010, on m’a même accusée d’avoir servi les intérêts des industriels… A l’époque, cela m’a beaucoup atteinte et, pendant longtemps, j’avais un tel sentiment d’injustice que j’en faisais un véritable blocage. Cependant mes états d’âme n’ont aucune importance. Etre ministre, c’est aussi accepter cela et serrer les dents. Mais forcément, quand je vo

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