Robert Ménard largement réélu dès le premier tour à Béziers


Sa politique municipale a défrayé la chronique depuis six ans. Et pourtant… Robert Ménard, maire sortant de Béziers (Hérault), a été réélu dimanche au premier tour, avec 68,74 % des voix, sur fond d’abstention record (56,02 %), selon les résultats officiels. Il bénéficiait du soutien du Rassemblement national.

A Béziers, Robert Ménard était confronté à une opposition faible et fragmentée. Le champion de l’ultradroite, âgé de 66 ans, a largement devancé les listes LREM (11,53 %), PC-PS-PRG (6,11 %), EELV-LFI (5,36 %), LR (4,14 %) et une liste citoyenne (4,09 %).

Elu en 2014 à la faveur d’une triangulaire avec le soutien du Front national, devenu Rassemblement national (RN), Robert Ménard, chantre de « l’union des droites », briguait un second mandat.Le Rassemblement national peut-il s’enraciner grâce aux municipales ?

En 2014, l’ancien président de l’ONG Reporters sans Frontières (RSF) avait pris les rênes d’une ville de 77 000 habitants en plein marasme socio-économique.

Né à Oran (Algérie) et élevé à Béziers, Robert Ménard avait succédé à Raymond Couderc (UDF puis UMP, 1995-2014) dans une ville où « les passerelles entre la droite dite républicaine et la droite extrême sont très anciennes », selon Emmanuel Négrier, politologue directeur de recherche au CNRS.

Pour résumer son bilan, Robert Ménard lance :

« Au fond, c’est la fierté retrouvée : les Biterrois sont fiers de leur ville, je crois un peu fiers de leur maire. »

« La sécurité, c’est la première preuve d’amour qu’on doit au peuple », poursuit-il. Dans la plus grande ville de France gérée par le RN ou ses alliés, l’édile se targue d’un triplement des effectifs de la police municipale qu’il a armée, de la multiplication des caméras de surveillance et d’une baisse de la délinquance de 14 % en 2018.

Il assure avoir également « redonné sa splendeur » au patrimoine longtemps délaissé du centre historique, une réhabilitation pourtant largement imputable à d’autres collectivités.

Polémiques incessantes

Robert Ménard revendique aussi la baisse du nombre de commerces fermés, avec un taux de vacance passé de 24 % à 16,4 % en 2019.

L’opposition, qui ne comporte aucun ténor politique, dénonce les « façades Potemkine » – des fresques recouvrant des magasins ou bâtiments abandonnés – emblématiques d’une politique « en trompe-l’œil » du maire.

Des pans entiers du centre-ville, classé quartier prioritaire, restent très pauvres à deux pas de la belle façade rénovée d’un théâtre municipal au programme attrayant. Et dans une région très visitée, peu de touristes viennent admirer la splendide cathédrale Saint-Nazaire.

Les opposants mettent en cause « la mauvaise image » que l’édile donne selon eux à la ville. Ils pointent les polémiques incessantes, qui se terminent souvent devant les tribunaux, sur l’Algérie française, l’immigration ou la sécurité.

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