Philippe répond sèchement à Buzyn, qui a assuré l’avoir prévenu dès janvier de l’ampleur de la crise


Il a voulu rapidement balayer la polémique qui commençait à enfler. Invité (en visioconférence) du « 20 heures » de France 2 mardi 17 mars au soir, Edouard Philippe est revenu sur les propos de l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui affirmait quelques heures plus tôt, au « Monde », l’avoir prévenu du risque du coronavirus sur la tenue des élections municipales. Face caméra, le Premier ministre a réfuté avoir sous-estimé l’ampleur du danger, se retranchant derrière les explications de la communauté scientifique.

EN DIRECT. Coronavirus : vers la déclaration d’un « état d’urgence sanitaire »

« Il y a quelques mois, il y a des gens qui disaient vous en faites trop ou vous n’en faites pas assez. Dans quelques mois […], certains diront : “Il aurait fallu faire autrement”. Toutes ces polémiques, toutes ces contestations, je les accepte, je les connais. Je suis le chef du gouvernement, j’assume absolument toutes les décisions du gouvernement », a-t-il ajouté.

Les municipales maintenues sur « motifs scientifiques »

Revenant sur les avertissements d’Agnès Buzyn en janvier sur la situation en Chine, Edouard Philippe a assuré avoir organisé des réunions sur le virus à Matignon après l’alerte. Il a rappelé les décisions « lourdes » prises par la France dès le début de l’année comme le rapatriement des ressortissants français à Wuhan et les mesures de confinement prises après l’apparition du virus sur le territoire.

Il l’assure, la décision de maintenir les municipales a été prise sur la base de « motifs scientifiques » : « Agnès Buzyn m’a dit fin janvier que si nous étions au pic de l’épidémie au moment des élections, alors il serait difficile de les organiser, a reconnu Edouard Philippe. Mais à l’époque, beaucoup de médecins n’étaient pas d’accord. »

« Lorsque nous avons posé la question de l’organisation du premier tour, les scientifiques nous ont dit qu’avec un strict respect des consignes sanitaires, elles pouvaient se tenir, a-t-il assuré. Les forces politiques ont fait le même constat. » Et de poursuivre : « Si nous avions interrompu un processus électoral alors que d’autres Français allaient se promener dans les parcs, qu’aurait-on dit ? »

Buzyn regrette le mot « mascarade »

Au « Monde », Agnès Buzyn racontait avoir « pleuré » lorsqu’elle a quitté ses fonctions gouvernementales le 17 février pour mener la bataille des municipales à Paris sous la bannière de LREM. Un mois auparavant, « le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir », ajoutait l’ancienne ministre, hématologue de profession.

Des municipales à la « guerre » : la semaine folle du pouvoir

Face à la polémique qui monte, la « marcheuse » a confirmé mardi après-midi avoir alerté le Premier ministre sur l’épidémie en Chine, tout en regrettant le mot « mascarade » au sujet de la tenue des élections municipales.

L’article a fait bondir tant dans l’opposition que sur les bancs de la majorité, Jean-Luc Mélenchon jugeant ces propos « consternants », tandis qu’un ancien collègue au gouvernement cité par RTL voyait « du dépit, une blessure, tellement d’orgueil de la part d’Agnès Buzyn ».





nouvelobs

A lire aussi

Laisser un commentaire