Andonovski, le changement dans la continuité



  • Les Américaines sont invaincues depuis 31 matches
  • La méthode de Vlatko Andonovski : une évolution, pas une révolution
  • Voici quatre clés de la nouvelle formule

« Si je devais décrire mon style de jeu en trois mots, ce serait un football ‘spectaculaire’, ‘offensif’ et ‘agressif’. » Tels ont été les mots du sélectionneur de l’équipe nationale féminine des États-Unis, Vlatko Andonovski, après la victoire 3-0 de ses protégées face au Canada, synonyme de première place au Championnat Qualificatif Olympique féminin de la Concacaf.

Après une campagne qualificative olympique impeccable, les Américaines se sont adjugé la SheBelieves Cup 2020 en remportant leurs trois matches face à l’Angleterre, à l’Espagne et au Japon, le tout avec un seul but encaissé.

Au cours de cette période faste, le cliché ‘on ne change pas une formule qui gagne’ semble plus que jamais s’appliquer aux États-Unis et à Andonovski. Après cinq fructueuses années sous les ordres de Jill Ellis et deux sacres mondiaux consécutifs, l’arrivée du nouveau sélectionneur n’a occasionné aucune révolution. On parlera plutôt d’évolution. FIFA.com se penche sur quatre axes forts de la méthode Andonovski, histoire de savoir ce que les fans peuvent attendre des USA, candidats à la médaille d’or à Tokyo 2020.

USA Head Coach Vlatko Andonovski

Un pressing haut et coordonné

L’une des caractéristiques de la sélection US à la sauce Andonovski est la mise en place d’un pressing volontairement haut du trio Carli Lloyd – Christen Press – Tobin Heath. Lors de leur premier match, face à l’Angleterre, les Américaines pressaient haut dès qu’elles perdaient la possession afin de récupérer le ballon le plus haut possible.

« Nos trois joueuses devant nous offrent des capacités de course vraiment incroyables pour exercer ce pressing défensif. Cela me convient car ayant joué milieu de terrain toute ma carrière, j’ai cette culture du sale boulot », confie Lloyd. « La plupart des gens cataloguent les attaquantes come des joueuses qui rechignent à accomplir les tâches défensives. Mais dans ce dispositif, et avec notre façon de jouer, nous n’avons pas le choix, ça commence par nous. »

Comme Andonovski le dit très bien, « c’est dans notre ADN de mettre les équipes sur le reculoir ».

Un 4-3-3 autour d’Ertz

D’aucuns pourraient avancer que Julie Ertz, qui vient de fêter sa 100e sélection, est la joueuse clé des États-Unis. Sa lecture du jeu et ses interventions tranchantes sont en effet essentielles à ce poste, surtout lorsque les Stars and Stripes sont opposées à des équipes misant sur la possession de balle, comme l’Espagne.

« Je ne sais pas si j’ai le droit de le dire, mais je commence à avoir la sensation que Julie Ertz est peut-être la joueuse la plus importante de cet effectif », estime Andonovski. « Je n’en avais pas conscience jusqu’à ce que je me mette à travailler avec cette équipe mais plus nous accumulons de matches, et plus j’ai l’impression que cette équipe gravite autour d’elle. Elle est notre ciment défensif et le maillon clé de notre attaque. Et en plus, c’est une grande professionnelle, une fille qui s’intéresse beaucoup au football. C’est un plaisir de travailler avec elle. »

Davantage de liberté individuelle

Les joueuses ont été nombreuses à le dire, Andonovski les encourage à prendre des initiatives lorsqu’elles ont le ballon. Confirmation avec les propos de Press : « Avec Jill, on était dans un système très cadré qui donnait beaucoup de clarté aux joueuses, mais qui ne permettait pas nécessairement à tous les talents individuels de briller. Certaines joueuses oui, mais d’autres moins, donc j’ai la sensation qu’il y a un peu plus de liberté maintenant. On pense moins à ce que l’on doit faire et on fait davantage ce que l’on veut. »

Andonovski tire le meilleur des joueuses qui excellent dans les duels, peuvent créer des brèches en dribble et ont un temps d’avance sur leurs adversaires grâce à leur instinct. Attendez-vous donc à davantage d’initiatives personnelles de la part de joueuses comme Press, Rose Lavelle et Heath.

Lloyd et Press se redécouvrent

Lloyd et Press semblent toutes deux avoir pris une nouvelle dimension depuis la prise de fonctions d’Andonovski. En plus d’avoir inscrit neuf buts au cours de ses dix derniers matches, Press a été directement impliquée dans 25 buts au cours de ses 26 dernières sorties, avec 11 réalisations et 14 passes décisives. Quant à Lloyd, elle s’épanouit comme jamais au poste d’avant-centre, où elle fait valoir sa capacité à tenir le ballon et à jouer en pivot.

« Je peux aider à donner le ton et à enclencher le pressing, mais le fait d’avoir quelqu’un qui me respecte sur le plan humain et sportif, qui voit la quantité de travail que j’abats à chaque séance d’entraînement, à chaque match, tout ça me donne envie de continuer à progresser », estime Lloyd. « On ne peut jamais se relâcher. On a aussi une équipe incroyable et tant qu’on continuera à progresser, l’équipe restera irrésistible, c’est certain. »

L’une des grandes questions qui se posera pour Andovoski concernera l’intégration, dans cette équipe américaine, de jeunes joueuses comme Mallory Pugh, Tierna Davidson, Andi Sullivan et Sophia Smith.

Le saviez-vous ?

Avec 10 victoires pour 0 défaite, Andovoski partage avec Pia Sundhage ce qui constitue le meilleur bilan d’un sélectionneur de l’équipe des États-Unis en début de mandat.



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