Macron au secours des PME les plus vulnérables


L’allocution d’Emmanuel Macron sur le confinement des Français à cause de la propogation du coronavirus, le 16 mars 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Revenons sur les mesures de soutien aux entreprises et plus spécialement aux PME annoncées lundi 16 mars prises par Emmanuel Macron pour faire face à la crise du coronavirus. Peu de détails pour l’instant mais l’idée est de frapper fort pour éviter les faillites.

La mesure la plus spectaculaire concerne toutes les entreprises, grandes comme petites : ce sont ces 300 milliards d’euros de garanties de l’État sur les prêts contractés auprès des banques. Il faut que les entreprises qui voient leur activité chuter continuent de bénéficier de ces crédits, même si elles ne peuvent plus faire face à leurs remboursements d’échéances pendant quelque temps.

C’est une mesure qui cible clairement les PME et les TPE dont les trésoreries sont déjà très fragiles en temps normal, et qui peuvent difficilement tenir pendant des semaines sans aucun revenu.

C’est certainement au travers de la BPI – qui est un établissement public – que s’exercera cette garantie. Les banques commerciales, elles-mêmes, ont déjà fait savoir qu’elles joueraient le jeu : avant même ces annonces, leur fédération se disait mobilisée pour les PME en difficultés, en proposant le report jusqu’à six mois des remboursements de crédits, et la suppression des pénalités.

Première cible : les PME les plus vulnérables. Emmanuel Macron propose ni plus ni moins que d’effacer leur ardoise fiscale : “Celles qui font face à des difficultés n’auront rien à débourser” dit Emmanuel Macron “ni impôts, ni cotisations sociales”. Il propose aussi de suspendre leurs loyers et leurs factures d’eau, de gaz et d’électricité.

Et il y a ce fonds de solidarité qui va être crée et abondé pour l’Etat, pour les entrepreneurs, commerçants et artisans – ceux qui vont faire les frais des fermetures contraintes de commerces non essentiels. Là, il s’agit d’aider les indépendants qui n’ont pas droit au chômage partiel parce qu’ils ne sont pas salariés. Pour tous les autres, c’est un dispositif de report des charges fiscales et sociales qui va être mis en place, une mesure déjà annoncée qui est donc confirmée.

Est-ce la bonne méthode, vu l’ampleur de la crise ? L’expérience montre que les prêts bancaires garantis par l’État, ça marche plutôt bien. La technique avait été utilisée lors de la crise financière de 2008 et cela avait permis de préserver des dizaines de milliers d’emplois les années suivantes. L’Allemagne fait d’ailleurs la même chose, elle ouvre les vannes du crédit, sans même se fixer de limite, pour aider ses entreprises.

Quant au report des paiements de charges, là, l’accueil des entreprises est plus mitigé. La CPME réclame plutôt l’annulation de ces charges, seul moyen pour elle de s’en sortir quand l’économie repart. Emmanuel Macron, lui, veut croire qu’avec toutes ces mesures “aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite”. Aucune. Un engagement très ambitieux par les temps qui courent.



FranceTVinfo

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