Test Blu-ray : Midi gare centrale


Midi, gare centrale

 
États-Unis : 1950
Titre original : Union Station
Réalisation : Rudolph Maté
Scénario : Sydney Boehm, Thomas Walsh
Acteurs : William Holden, Nancy Olson, Barry Fitzgerald
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h21
Genre : Policier, Film Noir
Date de sortie cinéma : 18 juillet 1951
Date de sortie DVD/BR : 18 février 2020

 

Lorna Murchison, dont le père possède une importante fortune, est enlevée par des kidnappeurs qui espèrent obtenir, en échange de la jeune fille, qui est aveugle, une importante rançon. Mr Murchison est prêt à obéir aux ordres des ravisseurs mais la police découvre le drame. La gare centrale est dès lors sous une constante surveillance…

 


 

Le film

[5/5]

1950 fut définitivement un grand cru pour Rudolph Maté : c’est en effet cette même année qu’il réaliserait à la fois l’excellent Mort à l’arrivée (un des plus grands classiques du Film Noir) et le non moins époustouflant Midi gare centrale, qui vient tout juste de sortir en DVD sous les couleurs de Sidonis Calysta.

Car si le film est certes un peu moins connu que Mort à l’arrivée, il faut admettre que Midi gare centrale s’avère un film tout aussi passionnant. Formidable thriller suivant, étape après étape, l’évolution d’un kidnapping qui tourne mal, le film de Rudolph Maté développe en effet une tension et un sens du rythme qu’extrêmement peu de cinéastes étaient capables de maitriser dans les années 40/50. Extrêmement moderne dans sa narration et même dans certaines de ses idées (telle que celle des flics qui menacent de tuer leur suspect en le jetant sous un train), Midi gare centrale est un polar impressionnant, développant une tension d’autant plus palpable que le film suit l’enquête du point de vue du chef de la police de la gare centrale (William Holden), et que le film ne s’écarte qu’en de rares occasions de la gare d’Union Station, où se déroulera l’essentiel du récit. Les flics avancent lentement mais comme dans chaque cas de kidnapping, le temps presse : de planques en surveillances, de filatures en pièges tendus aux ravisseurs, et malgré une situation qui ne se débloque qu’à tous petits pas, le récit est paradoxalement mené à cent à l’heure.

L’essentiel de l’action de Midi gare centrale se déroulera donc dans l’enceinte de la gare, au beau milieu de centaines de voyageurs en transit, de passants, de vagabonds et d’employés. Le microcosme de la gare et son foisonnement de petites histoires sont tout particulièrement bien rendus par Rudolph Maté, qui imbrique ses différentes intrigues de main de maitre sans jamais perdre de vue l’essentiel : le sauvetage d’une jeune fille enlevée par un petit groupe de truands cupides. Et si bien sûr le film tient en partie de l’exercice de style, la précision du cinéaste en termes de rythme et de mise en scène tend à faire de Midi gare centrale un des plus impressionnants films policiers des années 50.

Et si l’on insiste sur le terme « policier », c’est qu’en réalité, malgré quelques éléments narratifs qui tendraient à le rattacher au genre, Midi gare centrale n’est pas pour autant un « Film Noir », du moins pas dans la pure tradition du genre. Cela ne l’empêche pas d’être un chef d’œuvre !

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Anciennement disponible au sein d’un gros coffret DVD consacré au « Film Noir », Midi gare centrale est finalement sorti à l’unité en Blu-ray courant février, toujours sous les couleurs de Sidonis Calysta. Comme on pouvait s’y attendre, le film de Rudolph Maté a été restauré et bénéficie d’un très joli upgrade Haute-Définition. Certes, le master n’est pas totalement parfait (quelques outrages du temps sont toujours visibles, réduisant légèrement le piqué d’une séquence à une autre), mais la restauration est bien réelle, nous proposant un piqué étonnamment précis tout en conservant le grain d’origine. Les contrastes sont solides, les noirs profonds, et l’ensemble impose une stabilité remarquable : il s’agit indéniablement d’un travail éditorial très bien fait, tout est réuni pour que nous puissions redécouvrir ce petit chef d’œuvre dans les meilleures conditions possibles. Du côté des enceintes, la VO anglaise ainsi que la version française d’origine nous sont proposées, en DTS-HD Master Audio 2.0, en mono d’origine évidemment. Si la VF est un peu étouffée, la VO en revanche est étonnante de vitalité, homogène, parfaitement équilibrée.

Dans la section suppléments, on trouvera, outre la traditionnelle bande-annonce, rien de moins que trois présentations du film, assurées par les spécialistes du polar estampillés Sidonis Calysta, c’est à dire Bertrand Tavernier, François Guérif et bien sûr Patrick Brion. Comme d’habitude, c’est Bertrand Tavernier qui s’avérera le plus complet, avec une présentation de 33 minutes au cœur de laquelle il évoquera sa découverte du film, le scénario de Sydney Boehm, l’utilisation du décor de la gare et bien sûr le casting, avec un attachement tout particulier pour le duo William Holden / Barry Fitzgerald. On continuera avec François Guérif, qui commencera sa présentation de 7 minutes avec l’évocation du roman de Thomas Walsh pour enchaîner lui aussi avec le décor, le casting, mais aussi le rythme et la modernité du film, qui mettait les truands et les flics sur un pied d’égalité. Enfin, on terminera avec le nonchalant mais sympathique Patrick Brion, qui reviendra 9 minutes durant sur Midi gare centrale, évoquant notamment la carrière du scénariste Sidney Boehm et celle de cinéaste de Rudolph Maté.

 



Critique film

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