Coronavirus : Bruno Le Maire au chevet de l’événementiel



Le ministre de l’Economie n’a pas choisi au hasard son déplacement ce jeudi 12 mars. Bruno Le Maire s’est en effet rendu au cœur de la crise en participant à une table ronde organisée dans les locaux du traiteur Butard Enescot, à Colombes (Hauts-de-Seine). L’entreprise, comme toute celles qui sont liées à l’événementiel, est victime des annulations en cascade. Illustrations des plus préoccupantes, ce même 12 mars : l’inventeur entrepreneur britannique James Dyson, qui devait présenter, une nouvelle technologie beauté, devant 400 médias du monde entier au Carreau du Temple, à Paris, a préféré faire le show, finalement, en vidéo, loin de tout germe… Ou encore, l’entrepreneur Benjamin Patou (Moma) , qui devait inaugurer avec Patrice Bruel une nouvelle version du célèbre restaurant Art Nouveau  » Le bœuf sur le toit « , rue du Colisée à Paris, qui lui aussi a préféré renoncer.

Globalement, Lévènement, association professionnelle du secteur demande au gouvernement un  » plan d’urgence  » pour sauver les 335 000 emplois de la profession. Le 9 mars, Bruno Le Maire s’en limité à un discours d’entraide :  » Je sais à quel point l’événementiel est l’un des secteurs les plus touchés. J’appelle toutes les grandes entreprises à faire preuve de solidarité et à régler les prestations, même s’il n’y a pas de prestation.  » Le ministre de l’Economie a profité de la réunion du 12 mars pour préciser qu’il était ouvert au déplafonnement du dispositif de chômage technique, actuellement limité au niveau du Smic, en indiquant que le coût pour les finances publiques dans le cadre de la crise du coronavirus serait « très élevé ». Pourtant, a-t-il indiqué, « je pense qu’il faudrait déplafonner, ça va se chiffrer en centaines de millions d’euros, mais je pense que c’est de l’argent bien dépensé ».

A quelques centaines de mètres du ministère, de l’autre côté de la Seine, le bureau d’une PME de l’événementiel ressemble à un champ de bataille. « Que des dossiers d’annulation », soupire cet entrepreneur : suppression d’une convention ressources humaines, d’un forum pour les commerciaux… Il ne reste plus rien. « Ma crainte ? Qu’aucune organisation ne soit relancée avant septembre, avec l’approche des ponts de mai puis la trêve estivale… Comme je n’ai pas de trésorerie, je ne vois pas comment éviter de mettre la clé sous la porte. » Un autre petit entrepreneur de l’événementiel très actif notamment dans les milieux de l’édition, n’est pas plus serein. L’annulation du salon du livre promet de secouer son entreprise. « Je vais devoir recourir au chômage partiel pour mes équipes, explique-t-il. En espérant que tout cela ne dure pas trop longtemps ».

Chômage partiel à 24h mensuel

A l’autre extrémité du spectre, la multinationale GL Events encaisse les coups : « Les Salons de Pékin, la foire de Lyon, Global Industrie au Bourget ont été reportés. Le volume des annulations est significatif (16 millions d’euros) », précise un communiqué de l’entreprise cotée. Au Palais Brongniart, à Paris, espace qui est concédé à GL Events, BNP Paribas a annulé une convention de 600 cadres internationaux, tout comme LVMH, au mois d’avril. Mais avec un chiffre d’affaires de plus d’un milliard d’euros, « les fondamentaux du groupe demeurent robustes ».

D’autres groupes importants du secteur sont également touchés en Asie. Pour Auditoire, la Chine comptait ainsi l’an passé 35% des 175 millions d’euros de chiffres d’affaires. Or, pour l’heure, seule 15% des effectifs sur place ont pu reprendre le chemin du travail. « Et encore, il faut prendre en compte les difficultés techniques et administratives qui demeurent sur place et compliquent le travail », explique Cyril Giorgini, président de la société. Il prévoit une chute de moitié des revenus issus de la Chine, si les difficultés s’estompent d’ici l’été. « Et pour l’ensemble du groupe, également impacté en France et au Moyen-Orient, ce serait une année blanche, sans bénéfice, dans un tel scénario », continue le dirigeant. Il vient de faire une demande de passage en chômage partiel, à 24 heures mensuels pour ses salariés.

Le ministre de l’Economie n’a pas choisi au hasard son déplacement ce jeudi 12 mars. Bruno Le Maire s’est en effet rendu au cœur de la crise en participant à une table ronde organisée dans les locaux du traiteur Butard Enescot, à Colombes (Hauts-de-Seine). L’entreprise, comme toute celles qui sont liées à l’événementiel, est victime des annulations en cascade. Illustrations des plus préoccupantes, ce même 12 mars : l’inventeur entrepreneur britannique James Dyson, qui devait présenter, une nouvelle technologie beauté, devant 400 médias du monde entier au Carreau du Temple, à Paris, a préféré faire le show, finalement, en vidéo, loin de tout germe… Ou encore, l’entrepreneur Benjamin Patou (Moma) , qui devait inaugurer avec Patrice Bruel une nouvelle version du célèbre restaurant Art Nouveau « Le bœuf sur le toit », rue du Colisée à Paris, qui lui aussi a préféré renoncer.



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