Wall Street flambe au lendemain d’une séance noire


Wall Street s’est envolée mardi, rebondissant nettement au lendemain de la plus lourde chute des indices new-yorkais depuis 2008 avec l’espoir de mesures de soutien économique aux Etats-Unis pour faire face à l’impact du coronavirus.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a grimpé de 4,89% à 25.018,16 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a pris 4,96% à 8.344,25 points. L’indice élargi S&P 500 a gagné 4,94% à 2.882,23 points.

Malgré cette nette progression, les indices new-yorkais ont joué aux montagnes russes mardi, démarrant en forte hausse, puis se repliant vers la mi-séance avant de finir en trombe.

Selon Karl Haeling de LBBW, « cela reflète le haut niveau d’incertitude sur le marché. Il n’en faut pas beaucoup aux opérateurs pour paniquer ou, au contraire, s’enthousiasmer ».

Lundi, la place new-yorkaise avait dégringolé, affolée par le krach pétrolier, qui avait vu l’or noir chuter d’environ 25%, ainsi que par la propagation mondiale du coronavirus et ses effets économiques.

– Mesures de soutien –

Ces craintes étaient loin d’être dissipées mardi car « personne ne sait à quel point le chiffre d’affaires des entreprises va être affecté », explique M. Haeling.

Mais les investisseurs ont semblé quelque peu rassérénés par les perspectives de mesures de soutien économique évoquées par la Maison Blanche.

Selon la chaîne d’information financière CNBC, le président américain aurait proposé mardi la suppression des charges et cotisations sociales jusqu’à la fin de l’année lors d’une réunion avec des élus républicains.

« Il y a le sentiment que plus le virus va s’aggraver, plus les mesures de soutien vont être fortes », note M. Haeling.

Donald Trump a par ailleurs de nouveau exhorté la Fed à abaisser les taux d’intérêt, qualifiant sur Twitter la Banque centrale américaine de « minable » et « lente. »

L’institution doit tenir sa prochaine réunion de politique monétaire la semaine prochaine et les investisseurs anticipent une nouvelle réduction des taux au jour le jour après la baisse surprise d’un demi-point de pourcentage annoncée mardi dernier.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine, qui avait touché son plus bas historique la veille, remontait nettement, s’établissant à 0,7951% aux alentours de 20H45 GMT.

Le rendement à 10 ans sur les bons du Trésor américain s’éloignait par ailleurs de celui à 2 ans après s’en être rapproché lors des précédentes séances, certains observateurs ayant même craint qu’il passe en dessous.

Ce phénomène, connu sous le nom d' »inversion de la courbe des taux », est généralement l’indicateur avancé d’une récession.

Durement touchées lundi par le krach pétrolier, les valeurs énergétiques sont reparties de l’avant mardi, le sous-secteur les représentant au sein du S&P 500 montant de 5%. Plusieurs majors pétrolières ont fini nettement dans le vert, comme Chevron (+3,7%), ExxonMobil (+3,7%) ou Occidental (+14,6%).

Les compagnies aériennes américaines ont également grimpé après l’annonce de plusieurs mesures pour faire face au coronavirus: Southwest, dont le patron a décidé de réduire son salaire, est monté de 4,5%, pendant qu’American Airlines et Delta, qui vont supprimer des vols, ont pris respectivement 15,3% et 4,5%.

Au sein du Dow Jones, les banques JP Morgan Chase (+7,8%) et Goldman Sachs (+6,7%) ont connu de fortes progressions, tout comme les géants informatiques Apple (+7,2%), Microsoft (+6,8%) et IBM (+5,9%).



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