Test Blu-ray : Krull


Krull

 
Royaume-Uni : 1983
Titre original : –
Réalisation : Peter Yates
Scénario : Stanford Sherman
Acteurs : Ken Marshall, Lysette Anthony, Freddie Jones
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h56
Genre : Science-Fiction, Fantasy
Date de sortie cinéma : 5 février 1984
Date de sortie DVD/BR : 13 mars 2020

 

À des millions d’années-lumière, sur la planète Krull, règne une bête maléfique abritée dans la Forteresse Noire, qui inquiète les deux royaumes de Krull. Aussi les deux rois décident d’unir leurs enfants afin de sceller l’union de leurs royaumes et anéantir le monstre…

 


 

Le film

[3/5]

Le succès international de La guerre des étoiles en 1977 a ouvert grand les portes à un certain cinéma de « l’imaginaire », qui bénéficierait dorénavant de moyens conséquents afin de séduire des générations de jeunes gens biberonnés aux comics et à la science-fiction depuis les années 50. Tous les grands studios se lanceraient donc dès lors dans la grande aventure du space opera ou de l’heroic fantasy, avec des films tels que Le seigneur des anneaux (Ralph Bakshi, 1978), Le trou noir (Gary Nelson, 1979), Flash Gordon (Mike Hodges, 1980), Le dragon du lac de feu (Matthew Robbins, 1981), Dark crystal (Jim Henson / Frank Oz, 1982), Conan le barbare (John Milius, 1982) ou encore L’épée sauvage (Albert Pyun, 1982)…

Évidemment, pour de nombreux de ces films produits au début des années 80, le succès ne répondra pas forcément à l’appel. Peter Jackson et Game of Thrones n’avaient en effet pas encore contribué à rendre le genre plus que bankable, et l’heroic fantasy tout comme la SF étaient encore largement considérés comme des sous-genres destinés à un public de geeks – ce qui à l’époque n’avait pas du tout la coloration cool et populaire dont elle peut se draper aujourd’hui, mais au contraire une connotation volontiers puérile, voire même un peu gogole sur les bords. Arrivé sur les écrans américains en 1983 – début 84 pour la France – Krull prenait le pari risqué de jouer tout à la fois sur les deux tableaux, mélangeant à la fois la science-fiction et la Fantasy la plus débridée, faisant s’affronter méchants munis de rayons laser et gentils armés d’épées et de lances. L’expérience se solderait par un cuisant échec au box-office : malgré ses 376.000 entrées en France, le film ne réunirait que 16 millions de dollars de recettes… Pour un budget tournant probablement autour de 25 millions.

Mais cet échec mis à part, que reste-t-il aujourd’hui de Krull ? Une bien curieuse expérience, il faut l’avouer, toujours sur la corde raide entre le sublime – certains décors et une imagerie générale parfois vraiment extrêmement poétique – et le ridicule le plus achevé. Se basant sur une intrigue bien trop mince et répétitive, le film de Peter Yates a pourtant pour lui une énergie bon enfant assez communicative, et un Art pour tout mélanger de la façon la plus foutraque et la plus kitsch qui soit (magicien, aliens, cyclope), mais avec une sincérité naïve qui rend au final Krull souvent très attachant, malgré ses nombreuses maladresses. Les emprunts à Star wars autant qu’à Flash Gordon ou même à Excalibur ne contribuent pas en effet à apporter la moindre bribe de cohérence à l’ensemble, mais au final, cela fait également partie du charme de l’entreprise. Ainsi, on ne saura pas trop pourquoi la « Bête » et ses hordes de créatures extra-terrestres ont soudain décidé de faire irruption sur la planète Krull, pas plus qu’on ne comprendra dans quel but ils enlèvent la princesse au début du film.

Côté casting, on passera rapidement sur le couple de héros, composé à l’écran par Ken Marshall et Lysette Anthony. Plus convaincants, les seconds-rôles donnent un peu de vie à Krull. Le sympathique Ergo, incarné par David Battley, amusera probablement les enfants autant qu’il crispera les adultes. On notera également la présence au générique de Liam Neeson et Robbie Coltrane, qui jouent de faux méchants au cœur tendre, et apportent le minimum syndical d’âme à un film qui en manque un peu trop cruellement. Néanmoins, et comme dans le cas de nombreux films issus de ce cinéma de l’imaginaire des années 80 (Legend, L’aventure des Ewoks, Willow, L’histoire sans fin…), on peut supposer que la nostalgie fonctionnera à plein régime sur celles et ceux qui l’ont découvert alors qu’il n’étaient encore que de petits garnements en culottes courtes.

 

 

Le Combo Blu-ray + DVD + Livret

[4,5/5]

C’est de façon finalement assez inattendue que Krull passe aujourd’hui en France le cap de la Haute Définition, grâce à Sidonis Calysta qui lui consacre pour l’occasion une édition Combo Blu-ray + DVD + Livret prestigieuse, prenant la forme d’un luxueux Mediabook aux couleurs du film.

Côté Blu-ray, le master a bénéficié d’une jolie restauration et le gain en termes de définition est manifeste : le piqué et la définition sont vraiment accrus et très satisfaisants, poussières et autres rayures ont été mises au ban et la stabilité de l’ensemble est littéralement épatante. Si quelques inévitables moments de faiblesse peuvent survenir çà et là, l’ensemble s’impose néanmoins dans une forme épatante, aux couleurs éclatantes et homogènes. Du très beau travail technique, et un upgrade saisissant par rapport au DVD édité par Sony Pictures en 2001. Côté son, Sidonis Calysta nous propose de découvrir le film en VO / VF, toutes deux étant proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 (mono d’origine), dans un mixage sans souffle, proposant des voix claires et un bon équilibre acoustique. On notera par ailleurs que Ken Marshall est doublé, dans la version française, par Lambert Wilson. La version originale est également proposée dans un très intéressant remixage DTS-HD Master Audio 5.1, ayant la particularité de proposer des effets aussi surréalistes et tourbillonnants que le film lui-même. Le placement des voix et l’équilibre musique / bruitages est excellent – du très beau travail.

Niveau bonus, on commencera avec le livret de 24 pages rédigé par l’indéboulonnable Marc Toullec, qui nous propose une remarquable contextualisation du tournage et de la sortie du film, qui sera accompagnée de nombreuses photos ainsi que d’extraits d’interviews, notamment avec Peter Yates et Lysette Anthony. Sur le Blu-ray à proprement parler, on trouvera un commentaire audio du réalisateur Peter Yates, qui sera également accompagné du monteur Ray Lovejoy et des acteurs Ken Marshall et Lysette Anthony (le manque d’interactions entre les intervenants nous laisse cependant supposer que leurs interventions n’ont pas été enregistrées en même temps). L’ensemble est assez intéressant, surtout à vrai dire pour la prestation de l’actrice principale qui, si elle ne crache pas dans la soupe, ne cherche pas non plus à cacher le dédain qu’elle peut avoir pour le film, ce qui s’avère finalement assez amusant. Avant de terminer avec la traditionnelle bande-annonce, on s’arrêtera un instant sur un making of d’époque (22 minutes) qui nous donnera à voir de nombreuses images volées sur le tournage, le tout étant entrecoupé d’extraits du film et d’entretiens avec l’équipe.

 



Critique film

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