Contre les microplastiques, les fabricants devront équiper les machines à laver de filtres d’ici 2025



Lors du lavage, les vêtements fabriqués avec des fibres synthétiques libèrent des microparticules de plastiques qui se déversent dans les océans. Pour y remédier, une nouvelle mesure émanant de la loi économie circulaire oblige les fabricants de machines à laver de les doter d’un filtre d’ici 2025. Une « première mondiale », selon la ministre Brune Poirson. 

L’industrie textile est très polluante et le grand public l’a désormais intégré. Mais le lavage des vêtements -particulièrement des fibres synthétiques comme le polyester – qui libère des tonnes de microparticules de plastique, est lui largement sous-médiatisé. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les microplastiques représenteraient entre 15 % et près du tiers des 9,5 millions de tonnes de plastiques déversées chaque année en mer.

Pour y remédier, la France, grâce à une mesure parue dans la loi économie circulaire, oblige, à compter du 1er janvier 2025, les fabricants à équiper les lave-linge neuf d’un filtre destiné à empêcher le passage dans les eaux usées de ces fibres de plastique microscopiques.

« Est-ce que c’est faisable ? La réponse est oui, parce que nous n’avons pas le choix », a souligné la secrétaire d’État à la Transition écologique Brune Poirson à l’issue d’une table ronde où elle réunissait les constructeurs de machines à laver, des « innovateurs » qui travaillent sur des solutions de filtres, des ONG et des associations de consommateurs. « C’est un défi très difficile (…) cela ne se fera pas du jour au lendemain », a réagi la ministre. 

« Cela demande un grand travail de la part des fabricants » notamment « des changements technologiques », a reconnu Brune Poirson. Mais « il faut qu’on agisse », a martelé la secrétaire d’État, qui veut maintenant porter le dossier au niveau européen « pour faire en sorte que cette mesure ne soit pas qu’une mesure française ».

La filière textile doit également s’engager

Du côté des fabricants, cette première réunion est jugée « constructive » car elle a « permis de soulever de nombreuses questions économiques, techniques et d’utilisation », selon une déclaration de leur fédération professionnelle (Gifam) transmise à l’AFP. Les constructeurs s’engagent à « tout mettre en œuvre (…) pour trouver des solutions efficaces » en vue de « réduire la pollution plastique ». Mais ils insistent pour que les pouvoirs publics garantissent « une concurrence saine entre les acteurs » et appellent eux aussi de leurs vœux une mesure à l’échelle européenne.

« Nous devrions être optimistes », a assuré de son côté Mojca Zupan, directrice générale de la startup Planet Care, qui a développé des filtres à microplastiques pour machines à laver. « Nous avons une solution, qui est prête. Nous l’avons lancée en septembre dernier et nous en avons vendu 500 environ », a-t-elle expliqué, en présentant un filtre extérieur qui se branche à la sortie du lave-linge. Une technologie adaptable à l’intérieur d’une machine à laver, affirme la responsable de Planet Care. Reste que le problème doit être réglé en amont par la filière textile. La ministre assure qu’elle a engagé la discussion avec les fabricants et distributeurs de vêtements. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP 





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