On s’y emploie. Faut-il attendre 2120 pour atteindre la parité hommes-femmes en entreprise ?


La parité hommes femmes en entreprise pourrait prendre beaucoup de temps, notamment pour les postes d’encadrement. Photo d’illustration. (MAXPPP)

Delphine Rémy-Boutang est la fondatrice de la Journée de la femme digitale (le 21 avril à la Maison de la radio), qui promeut le rôle des femmes dans l’entreprise, et en particulier dans le domaine du numérique.

franceinfo : Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a publié la liste des entreprises les moins égalitaires, celles dont les performances en matière d’égalité hommes-femmes sont les moins bonnes. Cela vous semble la bonne méthode ?

Delphine Rémy-Boutang : je pense que c’est important de montrer ceux qui réussissent cette transformation et ceux qui n’y arrivent pas, les aider, et passer du dire au faire.

Pas une seule femme PDG parmi les 60 plus grandes entreprises françaises, comment expliquez-vous ça ?

De la même façon qu’il n’y a pas une seule femme dans les 40 plus grandes startups. Sauf Frichti et Julia Bijaoui. C’est incroyable. On n’arrive pas à atteindre cette parité sans accélérateur. On a vu ce qui s’est passé avec Isabelle Kocher, la PDG d’Engie, qui était un symbole pour toutes les femmes (qui a été débarquée NDLR). C’est triste, ça ne donne pas une belle image de ce que peut être le leadership au féminin. Selon le Forum économique mondial, la parité en entreprise serait atteinte en 2120.

Vous venez d’ailleurs de lancer une campagne « 2120 la parité n’attend pas »

C’est pour sensibiliser le grand public, pour dire que s’il y a encore la Journée internationale des droits des femmes c’est parce qu’on n’est pas du tout dans l’égalité des droits, et ce qu’on réclame et ce qu’on propose, c’est d’être aux côtés des hommes qui, jusqu’à présent, sont à des postes clés, des postes de pouvoir. Or, le numérique est le nouveau pouvoir, et aujourd’hui dans ce secteur qui représente le futur, on est encore dans cette inégalité.

Et de plus en plus, il y a de moins en moins de femmes dans le numérique...

Tout à fait. 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore. C’est une formidable opportunité pour les femmes de se réinventer. D’un autre côté, tous les métiers à risque de robotisation sont des métiers portés par des femmes, comme le métier de caissière par exemple. Il faut aider ces femmes. On a besoin d’elles dans le numérique. On a besoin de femmes pour être aux manettes de ce nouveau pouvoir, d’intelligence artificielle, de cyber sécurité, etc. Pas seulement dans des entreprises technologiques, mais dans tous les secteurs.

Les entreprises ne sont pas responsables du fait que les jeunes filles s’engagent peu dans les études scientifiques, et notamment dans les filières d’ingénieurs

On n’est pas obligé d’être ingénieur pour travailler dans l’informatique. Il y a beaucoup de nouveaux métiers, où on n’est pas obligé d’être bon en maths. On a juste besoin d’être créatif.



FranceTVinfo

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