Test Blu-ray : Les baroudeurs


Les baroudeurs

 
États-Unis, Royaume-Uni : 1970
Titre original : You can’t win ’em all
Réalisation : Peter Collinson
Scénario : Leo Gordon
Acteurs : Tony Curtis, Charles Bronson, Michèle Mercier
Éditeur : Sidonis Calysta
Durée : 1h39
Genre : Aventures
Date de sortie cinéma : 14 août 1970
Date de sortie DVD/BR : 6 mars 2020

 

L’aventurier Adam Dyer rejoint la bande de mercenaires du colonel John Corey constituée d’anciens combattants de la Première Guerre Mondiale. Recrutés par Osman Bey, un puissant gouverneur, ils reçoivent pour mission de convoyer ses filles depuis la Turquie vers Le Caire. En réalité, sans qu’ils le sachent, ce sont des joyaux et un ouvrage d’une inestimable valeur que Dyer et Corey transportent à travers tout un pays en proie à la guerre civile. Naturellement, très vite, les prédateurs se manifestent…

 


 

Le film

[3,5/5]

Mettant en scène deux mercenaires aux personnalités antagonistes, amoraux mais ô combien sympathiques et drôles, Les baroudeurs est un film d’aventures tirant ses influences des Douze salopards, mais également, comme le souligne avec justesse Patrick Brion dans les bonus du Blu-ray, de Vera Cruz dont il constitue un quasi-remake officieux.

La réalisation du film est signée Peter Collinson, cinéaste très tourné vers le cinéma populaire flirtant avec le « Bis », malheureusement disparu en 1980 à l’âge de seulement 44 ans. Efficace et sans chichis, sa filmographie contient quelques perles du cinéma de genre qu’il conviendrait de redécouvrir au plus vite : La nuit des alligators (The penthouse, 1967), L’or se barre (The italian job, 1969) bien sûr, avec sa fameuse course poursuite en Austin Mini, Thriller (Fright, 1971) avec Susan George et Honor Blackman, récemment ressorti en Blu-ray sous l’impulsion de Jean-Baptiste Thoret, Nid d’espions à Istanbul (Innocent bystanders, 1972), le western avec Richard Crenna Les colts au soleil (The man called Noon, 1973), La chasse sanglante (Open season, 1974), survival sous perfusion de La dernière maison sur la gauche, ou encore La nuit de la peur (The spiral staircase, 1975), avec une Jacqueline Bisset muette traquée par un maniaque.

Les baroudeurs est à l’image des autres films du réalisateur : une œuvre populaire, généreuse, ne cherchant pas à péter plus haut que son cul mais simplement à distraire, à divertir le spectateur pendant un peu plus d’une heure et demi. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le contrat est pleinement rempli : les décors sont aussi exotiques que dépaysants (le récit se déroule durant la guerre civile turque, et a été intégralement tourné en Turquie), le rythme est trépidant, les rebondissements nombreux… Les deux acteurs principaux, Charles Bronson et Tony Curtis, s’en donnent littéralement à cœur joie : les interactions entre les deux personnages sont savoureuses, et pourront préfigurer en quelque sorte celles que le public découvrirait l’année suivante dans Amicalement vôtre – les connexions se feront d’autant plus vite dans nos esprits que les deux personnages sont doublés par Michel Roux en version française. Charles Bronson, qui sortait tout juste de son rôle de l’homme à l’harmonica dans Il était une fois dans l’Ouest, est tout particulièrement surprenant dans la peau de ce mercenaire jouant volontiers de ses poings et enchainant les plaisanteries – on le voit notamment très souvent rire ou sourire, ce qui n’est finalement pas si habituel dans sa filmographie ! Il n’est finalement pas étonnant d’apprendre qu’à l’origine, le rôle de Bronson était prévu pour le sémillant Jean-Paul Belmondo… Aux côtés de ces deux monstres sacrés, on retrouvera également Michèle Mercier qui, en 1970, vivait les derniers sursauts de sa carrière d’actrice, et s’avère impeccable dans la peau de la « garce » de service (on avouera que comme beaucoup de films de l’époque, Les baroudeurs pourra être considéré aujourd’hui comme un peu misogyne). Un vrai petit film « plaisir » à (re)découvrir !

 

 

Le Blu-ray

[4/5]

Le plaisir de la découverte de ces Baroudeurs en Blu-ray chez Sidonis Calysta sera d’autant plus intense pour les amateurs de la carrière de Charles Bronson que le film est une « première » française, présenté en exclusivité mondiale sur support Haute-Définition. Et le fait est que le soin apporté par l’éditeur français à son transfert est tout à fait remarquable : le Blu-ray s’avère en effet une belle réussite niveau image. Le master est précis, extrêmement coloré, avec un grain superbement préservé, un très beau piqué pour un niveau de détail nous permettant d’admirer en profondeur le moindre détail de la magnifique photo du film, signée Kenneth Higgins. Les contrastes sont très affirmés, les noirs d’une belle profondeur, bref c’est du très beau travail technique. Côté son, VF d’origine et VO sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0 (mono d’origine), et proposent toutes deux un confort d’écoute optimal, disposant d’un bon dynamisme acoustique, même si la VF est sans le moindre doute mixée un peu bas.

Rayon suppléments, on trouvera la traditionnelle présentation du film par Patrick Brion (9 minutes), qui s’amusera avec le spectateur en lui posant une petite devinette (dont j’ai malheureusement largement défloré la réponse dans la critique ci-dessus), et reviendra comme à son habitude sur le singulier générique du film. Les fans de l’interprète de l’immortel Danny Wilde d’Amicalement vôtre seront également ravis de se plonger dans un portrait de Tony Curtis (42 minutes), ayant la particularité d’être uniquement composé d’entretiens avec l’acteur, à divers moments de sa carrière. Et étant donné que ce dernier a énormément d’humour, il s’agira là d’un sujet extrêmement plaisant et assez drôle.

 



Critique film

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