[Revue de presse] Migrants : l’Union européenne aide la Grèce et dénonce l’attitude de la Turquie


Revue de presse
04.03.2020

En visite en Grèce mardi 3 mars, les « quatre présidents » de l’Union européenne ont annoncé des mesures pour aider le pays à faire face à un afflux de migrants. Tandis que les dirigeants européens ont unanimement condamné la décision turque d’ouvrir ses frontières.

Ursula von der Leyen, Charles Michel et David Sassoli ont été reçus le 3 mars par le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et ont survolé la frontière du pays avec la Turquie – Crédits : Dimitris Papamitsos / Conseil de l’Union européenne

Offrir « un appui conséquent à la Grèce tout en évitant de braquer la Turquie » : telle était la mission des « quatre présidents » de l’Union européenne en visite en Grèce mardi 3 mars [RFI]. Les chefs de la Commission Ursula Von der Leyen, du Conseil européen Charles Michel, du Parlement David Sassoli, et du Conseil de l’UE Andrej Plenković y sont apparus « unis, mais quelque peu désemparés« , estiment Les Echos.

Car la tâche n’était pas aisée : vendredi 28 février, la décision turque d’ouvrir ses frontières aux migrants souhaitant rejoindre l’Union a généré une crise diplomatique entre Bruxelles et Ankara. La mesure viole en effet un accord bilatéral de 2016, qui prévoyait « en échange d’une aide financière de six milliards d’euros, le renvoi systématique des migrants vers la Turquie » [L’Orient-Le Jour]. L’UE doit également répondre aux appels à l’aide du gouvernement grec, qui de samedi à lundi soir a dû empêcher « 24 203 tentatives d’entrées » en provenance de son voisin turc [Libération avec l’AFP].

[Revue de presse] Face à l’afflux de migrants, la Grèce en appelle au soutien de l’UE

Soutien européen

Mardi, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a ainsi dénoncé un « chantage » de la part du gouvernement turc, et une « infraction totale » au pacte-migratoire UE-Turquie [La Libre avec Belga]. Des propos qui ont trouvé écho dans plusieurs capitales de l’Union. « L’usage par la Turquie des migrants comme moyen de pression et de chantage sur l’Europe est absolument inacceptable« , a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian devant l’Assemblée nationale [L’Orient-Le Jour]. « Généralement plus tempérée« , la chancelière allemande Angela Merkel a également jugé « inacceptable » que le président Erdoğan déploie sa stratégie « sur le dos des réfugiés » [Les Echos]. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a enfin évoqué une « attaque (…) contre l’Union européenne et la Grèce« , poursuit le quotidien économique.

Tout en affirmant que « ceux qui cherchent à tester l’unité de l’Europe seront déçus », la présidente de la Commission a pour sa part adopté un ton plus diplomatique à l’égard de la Turquie, assurant que celle-ci n’était « pas un ennemi » [RFI]. Mme von der Leyen a également insisté sur le soutien européen à la Grèce : « des navires de patrouille, des hélicoptères, un avion, 100 garde-frontières supplémentaires mais aussi du matériel et des équipes médicales et jusqu’à 700 millions d’euros d’aide financière » seront fournis au pays pour l’assister dans le contrôle de ses frontières, détaille la radio. Bruxelles a également déclenché son mécanisme de protection civile, qui permettra à la Grèce de « bénéficier des équipements et personnels médicaux, des tentes et des couvertures dont elle estime avoir besoin« .

La nécessité d’une réponse politique

Une réponse jugée largement insuffisante par Jean-Paul Mari, journaliste spécialiste des migrations : « ce qu’on attend de l’Europe, ce n’est non pas qu’elle participe en envoyant des tentes et des couvertures (…) mais qu’elle dise au président Erdoğan que son attitude politique n’est pas acceptable » [Franceinfo].

M. Mitsotakis a également appelé « à ‘partager’ plus équitablement la charge migratoire« , et à « mettre en place une véritable politique commune sur la migration, avec une nécessaire réforme du règlement de Dublin« , rapporte La Libre. Mais le dossier divise les Européens : ceux-ci « n’ont pas oublié la violence de la crise qu’ils ont traversée à la suite de l’afflux massif de migrants, en 2015« . Et voient désormais « la fermeté aux frontières (…) comme l’un des rares points de consensus » [Les Echos].

Les ministres européens de l’Intérieur se réunissent exceptionnellement à Bruxelles aujourd’hui à ce sujet. Vendredi, ce sera au tour des ministres des Affaires étrangères d’aborder la question syrienne, étroitement liée, indique L’Orient-Le Jour. Dans le même temps, « le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le commissaire européen à la Gestion des crises Janez Lenarčič doivent effectuer une visite de deux jours à Ankara » au sujet de la Syrie, ajoute Libération. Mais une avancée concrète sur la situation est « plus susceptible de venir de la rencontre prévue jeudi entre Erdoğan et le président russe Vladimir Poutine » que d’une réunion européenne, estime Politico.

 

 

 

 

 

 

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