Mélenchon dénonce un 49-3 « décidé sournoisement au débotté entre deux coronavirus »


Une sur sa droite, une sur sa gauche et le même reproche d’un « fiasco » : le gouvernement a affronté mardi deux motions de censure à l’Assemblée après le recours à l’arme du 49-3 sur la réforme des retraites, objet de nouvelles manifestations clairsemées.

Après 13 jours d’un parcours hors norme à l’Assemblée en première lecture pour cette réforme emblématique visant à créer un système « universel » par points, Edouard Philippe a signé samedi la fin de la partie avec le recours surprise à cet outil constitutionnel permettant de faire adopter le texte sans vote. Aussitôt, LR et les trois groupes de gauche – PS, PCF et LFI – ont déposé des motions, qui feront l’objet d’un vote tard dans la soirée, seules les voix favorables étant recensées.

Comment Philippe justifie ses propos de 2016 contre le recours au 49.3

Pour le patron des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, présent dans une manifestation près de l’Assemblée avant de rejoindre l’hémicycle, c’est « un jour de honte au moins pour la démocratie parlementaire » et le « régime macronien (…) a une vocation autoritaire ».

« La risée du monde civilisé démocratique »

Le 49-3 a été « décidé sournoisement au débotté entre deux coronavirus examinés en Conseil des ministres », a-t-il poursuivi dans l’hémicycle, en lançant à la majorité: « vous serez la risée du monde civilisé démocratique ».

Jean-Luc Mélenchon, épinglant une « loi BlackRock », a aussi promis la poursuite d’une « guérilla populaire et parlementaire », « pacifique », « aussi longtemps que vous vous obstinerez ».

Dans le même temps, les opposants à la réforme, mobilisés depuis le 5 décembre, ont manifesté à nouveau à Paris et en province contre ce « passage en force », dans des cortèges clairsemés. « Macron traître et retraites », pouvait-on lire sur des pancartes, aux abords du Palais Bourbon.

49.3 : le naufrage de la réforme des retraites

Selon Marine Le Pen, le RN votera la motion de gauche, mais pas celle de LR, qui propose un départ à 65 ans. Le rejet des motions ne fait cependant aucun doute: ni LR avec 104 députés, ni la gauche avec 63 élus, ne peuvent rassembler la majorité de 289 voix requise pour faire chuter le gouvernement.





nouvelobs

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