des proviseurs de lycée démunis face à l’organisation des E3C


Des épreuves de contrôle continu du nouveau baccalauréat n’ont toujours pas eu lieu dans certains lycées, le ministère envisage de les délocaliser.

Dans une poignée de lycées, essentiellement en Île-de-France, on n’arrive toujours pas à faire passer les E3C. Depuis leur lancement le 20 janvier, ces épreuves de contrôle continu du nouveau baccalauréat suscitent la colère des syndicats d’enseignants et de lycéens. Ils dénoncent une réforme qui va aggraver les inégalités, et des épreuves mal préparées. Jean-Michel Blanquer s’est même dit prêt à « faire évoluer » les prochaines épreuves.

L’organisation de ces épreuves a de ce fait été marquée dans certains lycées par des blocages, des grèves et même l’intervention des forces de l’ordre par endroit. Au ministère de l’Éducation nationale, on minimise. Moins de 1% des établissements n’ont pas encore pu faire passer ces épreuves, soit environ 40 000 copies sur 1,7 million. Une minorité, certes, mais non négligeable un mois et demi après le lancement de ces épreuves du nouveau baccalauréat. 

Il subsiste quelques points de fixation alors que les notes doivent théoriquement être rendues d’ici mi-mars. C’est le cas du lycée Turgot dans le 3e arrondissement de Paris avec une grève des enseignants ou des blocages de la part des lycéens. Le proviseur Christophe Barrand vient de vivre trois reports d’épreuves successifs et pour l’instant, il n’en programme pas de nouveau. « Aujourd’hui, je ne sais pas quoi faire. Je reconnais que je suis en échec, déplore le proviseur. Reconvoquer une quatrième fois les épreuves avant les vacances de printemps et risquer de se retrouver dans la même situation de charivari nous paraît difficile. Il faut trouver maintenant un autre mode d’organisation, peut-être de façon externalisée ».

À un moment donné, il faut aussi réussir à faire cours.Christophe Barrand, proviseur du Lycée Turgot à Parisà franceinfo

Externaliser, ou délocaliser certaines épreuves en dehors des lycées où ça coince, pour les déplacer dans un centre d’examen plus neutre. Une piste évoquée publiquement par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer cette semaine. Mais au rectorat de Paris, on assure que rien n’est tranché pour l’instant.



francetvinfo

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