Test Blu-ray : La vie est belle


La vie est belle

 
États-Unis : 1946
Titre original : It’s a wonderful life
Réalisation : Frank Capra
Scénario : Frances Goodrich, Albert Hackett, Frank Capra
Acteurs : James Stewart, Donna Reed, Lionel Barrymore
Éditeur : Paramount Pictures
Durée : 2h10
Genre : Comédie, Drame, Fantastique
Date de sortie cinéma : 28 juillet 1948
Date de sortie DVD/BR : 1 mars 2020

 

Le décès de son père oblige George Bailey à reprendre l’entreprise familiale de prêts à la construction, qui permet aux plus déshérités de se loger. Il entre en conflit avec l’homme le plus riche de la ville, qui tente de ruiner ses efforts. Au moment où il approche de la victoire, il égare les 8000 dollars qu’il devait déposer en banque. Le soir de Noël, désespéré, il songe au suicide. C’est alors que le Ciel dépêche à ses côtés un ange de seconde classe qui, pour gagner ses ailes, devra l’aider à sortir de cette mauvaise passe…

 


 

Le film

[5/5]

Affichant une note de 8,6/10 sur le site de référence IMDb, calculée sur la base de plus de 376.000 spectateurs, La vie est belle semble unanimement considéré comme un chef d’œuvre, au point de s’offrir sur ledit site une meilleure note que Citizen Kane. Curieusement, le film de Frank Capra ne bénéficiait à ce jour toujours pas d’un quelconque avis – forcément éclairé – sur critique-film.fr : c’est donc à l’auteur de ces lignes que revient l’insigne honneur d’aborder le chef d’œuvre de Capra.

L’exercice est plus difficile qu’il n’y parait : même s’il s’agit certes d’un lieu commun, il est tout de même permis de considérer qu’en l’espace de 75 ans, tout a été dit sur La vie est belle, ce qui ne laisse qu’extrêmement peu de latitude pour espérer écrire ici une chronique un tant soit peu originale – à moins bien sûr de verser dans la mauvaise foi pure et simple.

Car si l’on est parfaitement en droit de lui préférer d’autres films de Capra (comme, par exemple, le sublime et foutraque Vous ne l’emporterez pas avec vous), il est indéniable que La vie est belle s’avère un sacré beau morceau de péloche, aussi ambitieux que profondément humain. Devenu un peu malgré lui un classique du film « de Noël » (l’acte final se déroule durant les fêtes, ce qui a probablement été pensé comme un clin d’œil à Dickens), le film de Capra nous offre une interprétation excellente de Donna Reed et James Stewart, même si bien sûr on a du mal à considérer que ce dernier, alors âgé de 38 ans, puisse faire illusion dans la peau d’un étudiant. Le casting dans son ensemble est d’ailleurs assez exceptionnel, même en ce qui concerne les seconds rôles, tous convaincants, de Thomas Mitchell dans la peau de l’oncle Billy à Lionel Barrymore dans celle de l’ignoble Potter – on apprécie d’ailleurs que ce personnage demeure odieux jusque dans le dénouement du film, Capra et ses scénaristes évitant de façon assez brillante le lieu commun du « méchant » qui s’humanise finalement en toute dernière bobine.

On pourrait énumérer une par une toutes les qualités de La vie est belle, mais le film de Capra rassemble autour de lui une telle unanimité que l’entreprise n’aura finalement que peu d’impact. On vous renverra donc simplement à la (re)découverte de ce classique du cinéma américain, qui s’offre ici une nouvelle jeunesse par le biais d’un nouveau – et époustouflant – transfert 4K qui ne fera que confirmer qu’en plus de ses qualités narratives et de sa portée presque « humaniste », le film était également une authentique claque formelle, d’une richesse et d’une modernité vraiment étonnantes, qu’on le prenne par le prisme de sa réalisation ou de sa direction artistique. Indispensable.

 

 

Le Blu-ray

[4,5/5]

Bénéficiant d’une toute nouvelle remasterisation 4K, La vie est belle débarque ce mois-ci chez Paramount Pictures à la fois en Blu-ray et en Ultra HD Blu-ray 4K. Et on ne pourra se réjouir en voyant le résultat visuel de cette nouvelle édition Blu-ray. Le résultat à l’image est tout simplement magnifique, la restauration ayant été effectuée avec soin. Le niveau de détail est excellent, avec un piqué d’une précision inédite et une gestion des contrastes tout à fait remarquable. L’absence de filtrage superflu permet également à l’image de s’offrir une patine argentique respectée à la lettre, ce qui est toujours très agréable. Côté son, la VO mixée en Dolby TrueHD 2.0 (mono d’origine) est solide et équilibrée, qu’il s’agisse des dialogues ou de l’intégration des effets sonores, il n’y a vraiment rien à redire. La VF est quant à elle proposée en Dolby Digital 2.0 (mono d’origine), et peine forcément à retrouver l’excellence de la piste VO. L’ensemble est néanmoins satisfaisant, même si la bande-son est mixée un peu bas, et nécessite de monter un peu le son pour profiter pleinement du film.

Du côté de la section suppléments, on trouvera tout d’abord un sujet sur le processus de restauration du film (13 minutes). Étonnamment précis d’un point de vue technique et très intéressant, ce sujet reviendra sur la difficulté à travailler sur des bandes argentiques dégradées, mais également sur les progrès techniques ayant permis de redonner un coup de jeune au film de Capra. On continuera ensuite avec un making of rétrospectif (22 minutes) qui reviendra sur la carrière de Frank Capra et la façon dont La vie est belle s’y intègre. Plusieurs aspects techniques seront également abordés : la nouvelle neige artificielle utilisée sur le film (révolutionnaire pour l’époque), le traitement du son, la photographie, les scènes écartées du montage final, l’échec du film au box-office à sa sortie, etc. Pour terminer, Paramount nous propose de découvrir une série d’images d’archives tournant autour de la fête de fin de tournage du film (8 minutes) : un sujet muet mais s’avérant une sacrée curiosité.

 



Critique film

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