Qatar: la main de fer de l’émir Al Thani



Dans une région dominée par des régimes répressifs, le Qatar s’est longtemps présenté comme un modèle d’ouverture. Il abrite la chaîne de télévision Al Jazeera, qui diffuse des nouvelles souvent interdites dans le reste du Proche-Orient. Il accueille aussi de nombreux réfugiés fuyant les despotismes arabes. Pourtant, son émir, Tamim ben Hamad Al Thani, ne tolère guère ceux qui le critiquent. En janvier, il a publié un décret punissant de cinq ans de prison  » quiconque publie ou relaie des rumeurs, déclarations ou nouvelles fausses ou biaisées dans l’intention de porter tort aux intérêts nationaux, agiter l’opinion ou porter atteinte au système social « .

Le Parlement et les institutions censées contrôler le gouvernement ont très peu de pouvoir et les élections promises en 2003 n’ont jamais eu lieu. Al Jazeera est libre de critiquer les autres pays, mais jamais le Qatar. « Il n’existe pas d’opposition au Qatar », explique son directeur quand on lui demande pourquoi son antenne ne rapporte jamais la moindre contestation du régime. Les Qataris doutent pourtant du bienfondé de certaines décisions gouvernementales. Ils se demandent pourquoi leur émir gaspille des milliards de dollars dans des achats d’armes et de hasardeuses initiatives à l’étranger. Sans oser critiquer ouvertement le régime. « Tout le monde a peur, explique l’ancien ministre de la Justice Najeeb Nuaimi, qui est sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire. Si vous parlez, on vous confisque votre passeport ou vos biens. »

Le mécontentement ne semble pourtant pas prêt de s’apaiser dans ce pays qui professe le même islam conservateur wahhabite que l’Arabie saoudite. Or, il accueillera la Coupe du monde de football en 2022. « Plus nous nous rapprochons de l’ouverture de la compétition, plus le mécontentement s’accroît », souligne un ancien doyen de l’université du Qatar. Les dirigeants qataris ont transformé Doha, qui n’était autrefois qu’une étendue de sable, en l’une des villes les plus élégantes du Golfe. Elle est hérissée de gratte-ciel étincelants, de l’unique métro entre Le Caire et Téhéran et de plusieurs magnifiques musées. Il y a encore une génération, les femmes qataris étaient cloîtrées. Aujourd’hui, s’il leur est toujours interdit de voyager sans autorisation, elles peuvent devenir ministres, juges et ambassadeurs. Mais le Qatar ne peut prétendre être un modèle d’ouverture tant qu’il persiste à faire taire toute voix critique. Il doit balayer devant sa porte avant de donner des leçons.

Dans une région dominée par des régimes répressifs, le Qatar s’est longtemps présenté comme un modèle d’ouverture. Il abrite la chaîne de télévision Al Jazeera, qui diffuse des nouvelles souvent interdites dans le reste du Proche-Orient. Il accueille aussi de nombreux réfugiés fuyant les despotismes arabes. Pourtant, son émir, Tamim ben Hamad Al Thani, ne tolère guère ceux qui le critiquent. En janvier, il a publié un décret punissant de cinq ans de prison « quiconque publie ou relaie des rumeurs, déclarations ou nouvelles fausses ou biaisées dans l’intention de porter tort aux intérêts nationaux, agiter l’opinion ou porter atteinte au système social ».

Le Parlement et les institutions censées contrôler le gouvernement ont très peu de pouvoir et les élections promises en 2003 n’ont jamais eu lieu. Al Jazeera est libre de critiquer les autres pays, mais jamais le Qatar. « Il n’existe pas d’opposition au Qatar », explique son directeur quand on lui demande pourquoi son antenne ne rapporte jamais la moindre contestation du régime. Les Qataris doutent pourtant du bienfondé de certaines décisions gouvernementales. Ils se demandent pourquoi leur émir gaspille des milliards de dollars dans des achats d’armes et de hasardeuses initiatives à l’étranger. Sans oser critiquer ouvertement le régime. « Tout le monde a peur, explique l’ancien ministre de la Justice Najeeb Nuaimi, qui est sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire. Si vous parlez, on vous confisque votre passeport ou vos biens. »



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