Les Français ne sont jamais autant allés chez McDonald’s, figure emblématique du Salon de l’Agriculture



Publié le 28 février 2020

Des burgers végétariens, des glaces bio, des concombres 100 % français à la place des frites dans les Happy Meal… McDonald’s, symbole de la malbouffe, s’adapte à la demande des consommateurs et cela fonctionne. Jamais les Français ne sont autant allés dans cette chaîne de fast-food, qui fête ses 20 ans de présence au Salon de l’Agriculture. Un enjeu crucial pour les 34 000 agriculteurs qui travaillent avec l’enseigne.

« Que serait McDonald’s sans les agriculteurs français ? » Ce slogan s’affiche en grand au salon de l’Agriculture. Une passante lit l’énorme pancarte à haute voix, sourire ironique sur les lèvres. « Franchement, Mc Do ici c’est une blague », lance-t-elle à sa voisine. Une blague qui dure pourtant depuis 20 ans et qui ne fait pas vraiment sourire les agriculteurs français. Car les consommateurs le savent peu, mais McDonald’s représente un énorme débouché pour l’agriculture de l’Hexagone.  

75 % des achats des cinq principales matières premières agricoles utilisées par l’enseigne proviennent de France. McDonald’s travaille ainsi avec 34 000 agriculteurs et propose des contractualisations sur plusieurs années pour permettre aux paysans d’avoir de la visibilité. « McDonald’s a une mauvaise image auprès du grand public, il symbolise la malbouffe alors que dans notre milieu, on se dit que McDo, c’est un bon », témoignait l’année dernière Bertrand Ouillon, délégué du GIPT, Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre.

Deux millions de visites par jour

Pour ces 20 ans au Salon de l’Agriculture, même le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a fait le déplacement sur le grand stand de l’enseigne. « Merci de travailler sur la filière France, c’est ce qui nous tient le plus à cœur », a déclaré le ministre. « Vous travaillez dans une direction essentielle : celle de nourrir, avec une qualité alimentaire et qui prenne en compte les attentes de la société », a-t-il ajouté. Il faut dire que, malgré les dénonciations autour de la malbouffe, McDonald’s plaît aux Français. À tel point que l’Hexagone est son deuxième marché derrière les États-Unis. Avec deux millions de visites par jour, jamais les Français ne sont autant allés chez McDonald’s, confirme dans les Echos le PDG du groupe en France, Newfal Trabelsi.

Le succès de l’enseigne résulte notamment de ses innovations. McDonald’s s’adapte au nouveau consommateur, plus responsable, plus pointilleux sur l’origine des produits et leur impact sur la planète. Ainsi, la chaîne de fast-food a lancé des burgers gourmets dits « Signature », des produits plus qualitatifs, et commercialise également des burgers végétariens. « Après le lancement du Grand Veggie en 2017 pour une durée limitée, et l’arrivée d’une gamme Veggie temporaire pendant l’été 2018, McDonald’s France s’engage désormais à proposer dans ses restaurants des produits végétariens toute l’année, y compris dans le Happy Meal », indique l’enseigne. Prochaine innovation dans ce menu pour enfant justement, des bâtonnets de concombre 100 % français à la place des frites.

Mutation vers le bio

Et depuis l’année dernière surtout, McDonald’s a renforcé sa mutation vers le bio. Lors de l’édition 2019 du Salon de l’Agriculture, il avait conclu un partenariat avec Biolait, le premier collecteur de lait bio français. Le but étant de fournir la matière première pour fabriquer les glaces « Frappés ». Le Happy Meal contenait déjà deux produits bio : le yaourt à boire et le jus de pommes. Cette année, c’est sur le Label Rouge que mise l’enseigne avec deux nouveaux ingrédients certifiés : la farine et les œufs.  

« Après le lancement des Wings issus de poulets Label Rouge et la hausse significative des approvisionnements d’œufs issus de poules élevées en plein air, cette nouvelle étape autour du Label Rouge est le reflet de la vivacité de notre partenariat basé sur la recherche constante de progrès en matière de qualité », a réagi Yves de la Fouchardière, Directeur Général de la Coopérative des Fermiers de Loué.

Pour ses opposants, McDonald’s restera toujours le symbole de la malbouffe. « Qui dit fast-food, dit obligatoirement production de masse standardisée. Il y a des procédés très précis pour les salades, les pommes de terre, il faut produire de la masse. On est sur des calibrages précis. Si les pommes de terre pouvaient être rectangulaires, cela les arrangerait même ! Pour la viande, le processus est là encore industriel. Tout cela ne pourra pas changer, c’est l’ADN de la restauration rapide« , témoigne dans Le Figaro l’ancien député européen José Bové, célèbre pour ses attaques contre les restaurants du géant américain. 

Marina Fabre, @fabre_marina





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