La Bourse de Paris boucle sa pire semaine depuis 2008



La Bourse de Paris a fini en très forte baisse vendredi (-3,38%), enregistrant son plus fort repli hebdomadaire depuis la crise de 2008, dans un climat de grande nervosité face à l’épidémie de Covid-19 qui se propage.

L’indice CAC 40 a reculé de 185 points à 5.309,90 points, dans un volume d’échanges élevé de 10,9 milliards d’euros. La veille, il avait déjà accusé de lourdes pertes de 3,32%.

Au cours de la semaine écoulée, il a perdu 11,94%. Depuis le 1er janvier, il a chuté de 11,18%.

Après un plongeon de plus de 3% à l’ouverture, la cote parisienne a accru ses pertes dans la matinée, avant de remonter un peu la pente pour terminer in extremis au-dessus du seuil technique des 5.300 points.

« L’indice CAC 40 a enregistré son plus fort repli hebdomadaire depuis la faillite de Lehman Brothers » à l’automne 2008, a commenté pour l’AFP Alexandre Baradez, analyste de IG France.

« Psychologiquement, pour les investisseurs, ça va laisser des traces. Car avoir un repli marqué sur des périodes de stress est une chose, mais quand ça fait référence à la crise la plus grave c’en est une autre », souligne-t-il.

La sidération est d’autant plus vive que le 19 février dernier, le CAC 40 était à un sommet depuis 2007 (à 6.111,24 points).

« En même pas deux semaines, l’indice est passé d’un plus haut de 12 ans à un plus bas de six mois et demi! » soit depuis le 15 août 2019, s’exclame M. Baradez.

« Personne ne veut garder sa position, encore moins avant le week-end, car en deux jours, tout est possible », ajoute-t-il.

Avec un indicateur de volatilité (VIX) supérieur à 50, « c’est plus que du stress, c’est limite de la panique. Historiquement on a été très rarement dans ces zones-là », comme en août 2015 quand la Banque centrale chinoise avait dévalué sa devise et en 2009 au moment de la crise des subprime, précise-t-il.

La « crainte économique se propage »

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé vendredi avoir porté à « très élevé », son dégré le plus haut, le niveau de menace liée au nouveau coronavirus, qui a contaminé quelque 79.000 personnes en Chine et plus de 5.000 dans le reste du monde.

Si la Chine était jusqu’à peu l’unique foyer mondial de coronavirus, le risque s’est démultiplié avec l’émergence de nouveaux pays-sources comme la Corée du Sud, l’Iran et l’Italie.

Les investisseurs n’ont en fait plus grand chose à quoi se raccrocher si ce n’est « l’espoir d’un intervention des États et des banquiers centraux pour juguler un risque qui se propage sur les marchés », estime M. Baradez.

« C’est une crainte économique qui se propage sur les marchés avant d’avoir la réalité de l’impact économique » du coronavirus. « Tous les gros événements sont annulés, ce qui veut dire que la consommation va être affectée alors que c’est un moteur de croissance dans les pays occidentaux », affirme-t-il.

Le tableau des valeurs était écrit entièrement à l’encre rouge.

En bas du palmarès, TechnipFMC a plongé de 7,17% à 13,33 euros suivi de Airbus qui a chuté de 6% à 108,10 euros.

Les valeurs bancaires ont beaucoup souffert à la fois parce qu’elles sont pénalisées par les taux obligataires qui s’écrasent, mais aussi parce qu’elles sont exposées à l’Italie, à l’image de Société Générale (-4,23% à 25,59 euros), Crédit Agricole (-4,80% à 10,81 euros) et BNP Paribas (-3,53% à 43,79 euros).

(Avec AFP)



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