[Revue de presse] Fortes tensions dans les îles grecques autour de la construction de centres pour les migrants


Revue de presse
27.02.2020

Depuis plusieurs jours, des îles grecques sont le théâtre d’affrontements entre habitants et forces gouvernementales. Au cœur des tensions, la construction de nouveaux centres fermés pour accueillir des migrants venus de la côte turque. Les opposants dénoncent un projet de « vaste prison pour âmes humaines« .

Une famille afghane sur l’île de Lesbos en 2015, dans l’attente d’obtenir le statut de réfugié – Crédits : Stephen Ryan / Flickr International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies CC BY-NC-ND 2.0

La tension monte dans les îles grecques. Depuis mardi 25 février, des affrontements opposent des habitants des îles de Lesbos, Chios et Samos aux forces anti-émeutes du gouvernement. En cause, « les blocages des habitants opposés à la construction de nouveaux centres fermés pour les réfugiés et migrants« , rapporte le quotidien grec To Ethnos [Courrier International].

Mercredi, « à Lesbos, des centaines de personnes rassemblées à Mantamados, un village proche du site de construction d’un nouveau camp, ont jeté des pierres vers la police, qui a riposté avec du gaz lacrymogène, des grenades assourdissantes et des balles en plastique« , rapporte L’Obs [avec l’AFP]. Au total, « seize personnes ont été blessées, et six sur l’île de Chios » [La Croix], où « 2 000 personnes ont aussi manifesté contre le projet de construction d’un nouveau camp« , poursuit L’Obs.

La journée du 26 février a été décrétée « journée de grève générale sur les îles, à l’initiative du gouverneur Costas Moutzouris, en accord avec les municipalités de la région de l’Égée du Nord« , précise La Croix. Ces dernières ont demandé à ce « qu’aucune entreprise ne vende la moindre brique aux constructeurs venus d’Athènes bâtir ces camps ». « Nous appelons tous les travailleurs, les habitants de Lesbos, et les associations à se tenir contre les plans du gouvernement de transformer notre île et les autres îles de la mer Egée en vaste prison pour âmes humaines« , a déclaré le principal syndicat de Lesbos, cité par The Guardian.

De nouveaux centres fermés en construction

Proches de la Turquie, ces îles accueillent « plus de 40 000 demandeurs d’asile, en majorité des femmes, des enfants, des adolescents et des mineurs non accompagnés, [qui] s’entassent dans des camps de misère alors que les centres officiels ne comptent que 6 200 places« , rapporte La Croix. Le haut-commissaire de l’ONU aux réfugiés, Filippo Grandi, avait ainsi demandé le 21 février que soit mis fin à cette situation « honteuse et choquante« .

Le gouvernement du Premier ministre conservateur Kyriákos Mitsotákis, arrivé au pouvoir en juillet 2019, a « annoncé que les camps de Lesbos, Samos et Chios seraient fermés cette année pour être remplacés par de nouvelles installations ‘fermées’, plus petites, qui devraient être opérationnelles mi-2020« , explique L’Obs. De nouveaux centres, « de 7 000 places chacun« , doivent ainsi sortir de terre « sur les cinq îles de la mer Égée : Lesbos, Samos, Chios, Leros et Kos » [La Croix].

Face aux opposants, l’exécutif grec est monté au créneau, appelant « au calme » par la voix de son Premier ministre. Kyriakos Mitsotákis a tenu à rassurer la population, affirmant que « les nouveaux camps sont situés très loin des régions urbaines » [L’Obs].

De son côté, le porte-parole du gouvernement a « fait le tour des plateaux télévisés pour expliquer que les camps seront prêts pour l’été« , rapporte La Croix. « Il n’y a pas d’alternative au plan de construction de structures fermées« , affirme Stelios Petsas. Selon lui, celles-ci sont « appelées à dissuader les migrants de gagner les îles depuis les côtes turques« , car « ils sauront que rien de bon ne les attend ici« .

En Syrie, la « pire crise humanitaire du 21e siècle« 

Pour l’heure, « les demandeurs d’asile, aux deux tiers Afghans et Syriens, continuent à affluer. Si 700 personnes ont été transférées des îles [grecques] vers le continent, la semaine dernière, 778 sont arrivées dans le même temps depuis les côtes turques, et au total 4 700 depuis le début de l’année« , relève La Croix.

« La grande majorité de ceux entrant dans l’UE depuis le Moyen-Orient déchiré par la guerre, l’Asie et l’Afrique passent par ces îles« , souligne The Guardian. Et « 99 % demandent l’asile, selon les autorités grecques de l’immigration« , pour obtenir le statut de réfugié.

Des arrivées qui pourraient s’accélérer à la suite des combats et bombardements à Idlib (Syrie) entre le régime syrien soutenu par la Russie et les rebelles soutenus par la Turquie. « L’offensive engendre un mouvement de déplacement gigantesque vers la frontière turque« , rapporte La Croix. Tandis que la situation dans la province syrienne est qualifiée par l’ONU de « pire crise humanitaire du 21e siècle et la pire derrière la Seconde Guerre mondiale« .

 

 

 

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