[Revue de presse] En Allemagne, trois prétendants pour succéder à Angela Merkel


Revue de presse
26.02.2020

La place vacante à la tête du plus grand parti allemand de droite aiguise les appétits. Après le désistement inattendu de l’un des candidats mardi, trois hommes rêvent désormais de reprendre en main la CDU. Mais surtout de succéder à Angela Merkel, qui ne se représentera pas à la chancellerie.

Armin Laschet, ici interviewé par la Deutsche Welle en 2019, est un partisan de la ligne centriste d’Angela Merkel – Crédits : Ronka Oberhammer / Flickr Deutsche Welle CC BY-NC 2.0

« Le bal des prétendants est lancé« , annonce La Croix. Mardi 25 février, les candidats à la présidence de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le puissant parti de droite allemand, ont officiellement déposé leur candidature. C’est donc une redoutable compétition qui s’ouvre outre-Rhin « pour la succession d’Annegret Kramp Karrenbauer à la tête de la CDU« , mais aussi « plus tard, d’Angela Merkel » [Le Figaro]. Car « traditionnellement, le président de la CDU est également le candidat du parti au poste de chancellier« , rappelle la Deutsche Welle.

Trois concurrents sont désormais en lice. Armin Laschet, l’actuel ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Friedrich Merz, ancien président du groupe CDU/CSU au Bundestag et « ennemi de longue date d’Angela Merkel » [La Croix]. Enfin Norbert Röttgen, ancien ministre de l’Environnement. L’actuel ministre de la Santé Jens Spahn devait également se présenter, mais il s’est rallié à Armin Laschet « mardi matin, à la surprise générale« , rapporte Le Figaro.

« Un congrès exceptionnel, programmé le 25 avril à Berlin, devra départager le trio pour le leadership du parti chrétien-démocrate« , explique le quotidien. « En décembre, et après consultations avec le petit parti frère bavarois de la CSU, le vainqueur devrait être intronisé candidat au poste de chef du gouvernement, avant les élections législatives de l’automne 2021« .

Trois candidats

Ce sont donc des personnalités et des programmes bien distincts qui s’affronteront jusqu’au 25 avril. Armin Laschet « incarne un centrisme bon enfant » et « entend à la fois protéger l’économie allemande, la rendre prospère, et mettre le pays à l’heure écologique« , selon Le Figaro. Celui qui « rougit de lui-même dès qu’il prononce une blague » [Le Figaro] a toutefois « les meilleures chances de rassembler les ailes modérées et conservatrices de la CDU« , grâce à son alliance avec Jens Spahn [Politico]. Elu en 2017 à la tête de l’immense région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, « il est l’un des rares cadres du parti à pouvoir se vanter d’une récente victoire électorale, alors que la CDU recule scrutin après scrutin« , ajoute La Croix.

Le duo Laschet-Spahn espère donc bien « marginaliser Friedrich Merz, présenté comme un ambitieux solitaire » [Le Figaro]. Ce dernier « n’a jamais pardonné la social-démocratisation de son parti, et ne laisse aucune ambiguïté sur le virage à droite qu’il veut entamer« , analyse La Croix. Celui qui est aussi « président de la branche allemande de BlackRock, le plus grand fonds de gestion de fortunes du monde » [Le Monde], axe ainsi son discours sur « les zones de non-droit en Allemagne » et « l’immigration illégale » [La Croix]. Friedrich Merz « avait déjà tenté sa chance, fin 2018, pour prendre la présidence de la CDU après le départ de Mme Merkel de la tête du parti« , rappelle Le Monde. Mais il avait alors «  été battu d’un cheveu par Mme Kramp-Karrenbauer« , soutenue par la chancelière, poursuit le média.

Le centriste Norbert Röttgen, ancien ministre, a lui aussi « un vieux compte personnel à régler avec la chancelière, qui l’a limogé de son poste de ministre de l’Environnement en 2012« , rapporte Le Monde. Celui-ci venait alors de perdre les élections en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, remportées avec succès par son concurrent Armin Laschet cinq ans plus tard. « Critiquant vivement les incursions russes en Ukraine et des tentatives de la Chine d’étendre son influence en Europe » au Parlement allemand, M. Röttgen « manque toutefois de chaleur humaine« , relève Politico.

Le vote de Thuringe en toile de fond

Elue en décembre 208 à la tête du parti, Annegret Kramp Karrenbauer (surnommée « AKK ») avait annoncé le 10 février dernier qu’elle renonçait à se présenter à la succession d’Angela Merkel. « La présidente démissionnaire de la CDU a dû laisser la place, critiquée pour son manque d’autorité dans la gestion post-électorale en Thuringe, où une alliance avec l’AfD [extrême-droite] avait été envisagée, malgré l’interdiction du parti« , rappelle La Croix.

Au-delà des qualités et défauts des prétendants à la succession d’AKK, « la stratégie à adopter face à l’AfD, accusée d’avoir créé un climat favorable aux violences d’extrême-droite, sera quoi qu’il en soit au cœur des discussions, après les attaques terroristes racistes de Hanau« , estime donc La Croix.

« Les événements de Thuringe ont révélé les profondes divergences qui traversent la CDU, partagée entre une aile droite prête à tout pour barrer la route à Die Linke, quitte à s’allier avec l’AfD ; et une aile gauche qui refuse de mettre sur le même pied une formation déjà alliée aux sociaux-démocrates et/ou aux écologistes au niveau communal et régional, et un parti ouvertement révisionniste et xénophobe« , analyse Le Monde.

Face à ces divisions, les sondages sont de moins en moins flatteurs pour la CDU : celle-ci « recueille pour l’heure 27 % des intentions de vote au niveau fédéral, bien loin des 33 % obtenus lors des dernières élections fédérales« , tandis que « l’AfD est crédité de 14 % des voix, loin derrière les Verts, à 23 % » [La Croix]. Dès lors, les chrétiens-démocrates doivent rapidement choisir un nouveau dirigeant et une stratégie, car « la CDU est aujourd’hui un parti sans boussole« , conclut Le Monde.

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