[L’Europe en région] En Seine-et-Marne, des cantines en circuit court soutenues par l’Union européenne



Actualité


25.02.2020

Depuis 2017, des cantines scolaires du sud de la Seine-et-Marne (77) se sont associées à des AMAP (Associations de Maintien de l’Agriculture Paysanne) pour proposer une alimentation en circuit court. Une opportunité pour les élèves comme pour les producteurs, à laquelle le FEADER a apporté son appui financier.

La cantine scolaire d’Ecuelles, en Seine-et-Marne, s’approvisionne désormais auprès de producteurs locaux – Crédits : Réseau rural Ile-de-France / Capture d’écran

300 AMAP sont implantées en Ile-de-France, dont cinq dans la commune de Moret-Loing-et-Orvanne (Seine-et-Marne). Ces associations paysannes ont un objectif : mettre en lien des citoyens et des producteurs locaux au sein d’un système de vente en circuit court, dans lequel les particuliers paient leurs denrées plusieurs mois à l’avance afin de sécuriser la trésorerie du paysan, explique le think tank Le Labo de l’Economie Sociale et Solidaire. Un projet « structurant au niveau local« , selon Alain Blant, un élu local. Si tous les agriculteurs ne possèdent pas l’étiquette « bio », ils s’engagent en revanche pour une production durable, diversifiée, et sans engrais ni pesticides chimiques.

Et si le modèle des AMAP, « de la ferme au foyer, sans intermédiaire« , s’appliquait également aux structures locales ? C’est l’idée du projet « Ma Cantine en AMAP », lancé en 2017 à Moret-Loing-et-Orvanne. A cet effet, 175 couverts de la cantine scolaire d’Ecuelles sont approvisionnés par des producteurs locaux. « Le potentiel de produits locaux est important dans le sud de la Seine-et-Marne, un des territoires les plus agricoles d’Ile-de-France« , rappelait en effet en 2018 Hélène Béchet, en charge du projet.

« Une approche globale de l’approvisionnement, du champ à l’assiette« 

Plus qu’un simple changement du mode de consommation, « Ma Cantine en AMAP » vise à un « décloisonnement des acteurs du territoire« . Il associe les paysans aux écoliers en proposant par exemple des activités pédagogiques autour des thématiques agricoles et alimentaires (jardin pédagogique, visite à la ferme…). Le projet est « un énorme soutien humain et financier pour les paysans« , estimait en 2019 Michel Grao, maraîcher en AMAP à Vaux-sur-Lunain, dans un reportage du Réseau AMAP Ile-de-France.

L’ensemble de l’initiative bénéficie du soutien financier de l’Union européenne et de son Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), qui l’a financée à hauteur de 11 038 €, soit 60 % du coût total du projet. Cette aide permet de soutenir une dynamique déjà entamée au niveau national : en 2017, plus de 50 % du marché agricole bio français était destiné à la restauration collective.

Cependant en France, « 75 % des cantines des établissements scolaires servent du bio, mais ces produits ne représentent que 4 % du volume de leurs achats« , expliquait en 2018 la Banque des Territoires. Il reste donc du travail. La loi agriculture et alimentation, adoptée en 2018, prévoit 50 % de produits bio, locaux et écologiques d’ici à 2022 dans la restauration collective publique, y compris dans les cantines scolaires.

La phase expérimentale du projet « Ma Cantine en AMAP », menée de 2017 à 2018, vise à être pérennisée dans une « une dynamique territoriale« . En septembre 2018, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) a été publié. La commune de Varennes-sur-Seine a ainsi rejoint celle d’Ecuelles dans cette initiative. « La visibilité du projet est grandissante et l’intérêt des communes est croissant« , explique le Réseau rural Ile-de-France. Prochaine étape ? « Essaimer au niveau régional mais aussi national« .

 

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