Test DVD : Fahim


Fahim

 
France, Bangladesh : 2019
Titre original : –
Réalisation : Pierre-François Martin-Laval
Scénario : Pierre-François Martin-Laval
Acteurs : Assad Ahmed, Gérard Depardieu, Isabelle Nanty
Éditeur : Wild Side Vidéo
Durée : 1h44
Genre : Comédie dramatique
Date de sortie cinéma : 16 octobre 2019
Date de sortie DVD : 26 février 2020

 

Forcé de fuir son Bangladesh natal, le jeune Fahim et son père quittent le reste de la famille pour Paris. Dès leur arrivée, ils entament un véritable parcours du combattant pour obtenir l’asile politique, avec la menace d’être expulsés à tout moment. Grâce à son don pour les échecs, Fahim rencontre Sylvain, l’un des meilleurs entraîneurs d’échecs de France. Entre méfiance et attirance, ils vont apprendre à se connaître et se lier d’amitié. Alors que le Championnat de France commence, la menace d’expulsion se fait pressante et Fahim n’a plus qu’une seule chance pour s’en sortir : être Champion de France…

 


 

Le film

[4/5]

En mai 2012 à la radio, le premier ministre François Fillon est interrogé pour savoir s’il trouve normal qu’un enfant soit interdit de championnat de France car il est sans papiers. Fahim nous raconte son histoire…

Menacé par le pouvoir en tant qu’opposant politique, Nura doit fuir le Bangladesh pour la France avec son fils Fahim. Âgé de huit ans, il rêve de devenir champion d’échecs. Lancé dans un parcours du combattant pour obtenir l’asile, son père l’inscrit aux cours de Sylvain, un des meilleurs entraîneurs de France, gentil mais bourru. Il remarque très vite le talent de son nouveau protégé et va l’aider à exaucer son vœu.

Fahim Mohammad est réellement devenu champion des moins de 12 ans alors que quatre ans plus tôt, il ignorait tout de sa langue d’adoption. Son histoire a été relatée dans le livre autobiographique « Un Roi clandestin » publié en 2014 (éditions Les Arènes), qu’il a écrit avec Sophie Le Callennec et Xavier Parmentier.

 

 

Plaidoyer sur l’intégration

Cette adaptation permet à l’ex-membre des Robins des Bois, Pierre-François Martin-Laval, de passer avec réussite au registre dramatique après des comédies grand public (Les profs et sa suite, ou Gaston Lagaffe). Sous le vernis d’un feel good movie parfois trop rassurant, Pierre-François Martin-Laval signe un plaidoyer assez vibrant sur l’intégration de ceux qui viennent de loin et abandonnent tout pour se forger un avenir décent.

La prestation du jeune Assad Ahmed est d’autant plus convaincante que Fahim n’est pas un gamin au tempérament facile. Il ne cherche pas à être aimable auprès de ses camarades bien moins doués que lui et affiche un caractère à la hauteur de son ambition.

 

 

Un interprète peu scrupuleux

Le discret Mizanur Rahaman est ce père se battant pour offrir, au prix d’immenses sacrifices, un futur à son fils . Impliqué dans les mouvements de protestation sévèrement réprimés dans son pays natal au début des années 2000, il s’adapte à sa nouvelle vie en faisant face péniblement aux risques d’expulsion, aggravés par le procédé glaçant du double jeu d’un interprète peu scrupuleux. Le tonitruant Gérard Depardieu est ici sobre et doux en ours mal léché, dévoué à son disciple et secrètement entiché de la gentille Isabelle Nanty, secrétaire de l’association au sein de laquelle ils se préparent intensément à la compétition.

Les autres gamins sont assez attachants eux aussi et apportent une légèreté supplémentaire à ce « Slumdog Millionnaire » à la française, avec plus de cœur et une dignité qui manquait à son modèle anglais. La musique de Pascal Lengagne est un peu tire-larmes mais elle ajoute un tempo à la tonalité mi-figue mi-raisin d’un film émouvant, malgré quelques raccourcis. Pour des raisons narratives, le passage où père et fils survivent dans les rues de la capitale a été édulcoré. Cela donne une impression de facilité au parcours pourtant douloureux de deux réfugiés, adoubés par le pouvoir politique de l’époque en raison d’un succès. À quoi tient une vie…

Critique de notre rédacteur en chef Pascal Le Duff.

 

 

Le DVD

[4/5]

Même si ses sorties sur support physique se font nettement plus discrètes depuis quelques années, Wild Side Vidéo demeure l’un des éditeurs français les plus expérimentés et les plus incontournables. La sortie de Fahim en DVD est une nouvelle illustration de son savoir-faire technique : Wild Side connaît le support sur le bout des doigts, de même que ses limites intrinsèques, et maîtrise l’encodage de façon vraiment remarquable. Définition, piqué, couleurs, gestion du bruit vidéo, tous les écueils auxquels on pourrait s’attendre sont brillamment et soigneusement évités, même les scènes nocturnes affichent une belle pêche. Niveau image, c’est donc vraiment un sans-faute ; malgré les limites évidentes d’un encodage en définition standard, on se surprend à se dire que le film n’aurait pas nécessairement eu bien meilleure allure sur format Blu-ray. Un travail étonnant et soigné. Coté son, le mixage du film est proposé au choix soit en DTS 5.1, en Dolby Digital 2.0 stéréo (l’option la plus cohérente si vous visionnez le film sans Home Cinema) ou en audio-description. Bien entendu, le film en lui-même ne se prête pas forcément à la démonstration acoustique, mais la spatialisation s’avère tout de même relativement dynamique sur le 5.1 en termes de spatialisation.

Du côté des suppléments, Wild Side Vidéo nous offre, outre la traditionnelle bande-annonce du film, un très intéressant entretien avec Pierre-François Martin-Laval (55 minutes), réalisé pour le site FilmoTV. Il reviendra non seulement sur le film mais également sur sa carrière avant Fahim, depuis les Robins, sur les choses qui le révoltent, sur les réactions au film ou encore sur l’équipe technique travaillant à ses côtés. Sa sincérité est plaisante et manifeste, de même que son attachement à livrer au spectateur un vrai cinéma populaire, ce qui fait réellement du bien en ces temps de langue de bois généralisée. L’entretien ayant sans doute été tourné au moment de la sortie de Fahim dans les salles, on ne pourra pas connaître son ressenti sur le relatif échec public du film (216.724 entrées).

 



Critique film

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