[L’Europe en région] A Rennes, l’Europe soutient le passage au bio



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25.02.2020

Trois générations de la famille Lefeuvre se sont succédé au sein du Groupement agricole d’exploitation en commun (GAEC) Roazhon, à Rennes. En 2015, Philippe et Hélène, le couple d’exploitants actuel, ont entamé une conversion vers l’agriculture biologique. Un projet soutenu par des fonds régionaux et européens.

Philippe et Hélène Lefeuvre produisent du lait bio dans leur ferme, à Rennes – Crédits : Région Bretagne

« L’agriculture européenne est à un tournant et il va falloir imaginer des solutions nouvelles pour tirer le meilleur de ces évolutions« , déclarait en décembre 2017 Olivier Allain, vice-président de la région Bretagne en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire, à Régions Magazine. La Bretagne connait en effet un tournant important vers l’agriculture biologique : en 2017, les fermes bio représentaient 8 % des exploitations régionales, un chiffre qui a presque triplé depuis 2009. L’Union européenne y apporte un soutien financier notamment à travers le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural), qui vise notamment à « garantir la gestion durable des ressources naturelles« .

Philippe Lefeuvre, éleveur laitier à Rennes depuis 1999, a fait appel à ces aides européennes pour transformer son exploitation, et passer à une production biologique lors de son association avec sa femme, Hélène, en 2015. « J’avais envie d’être dans une démarche d’avenir, de qualité« , expliquait-il en 2016 au magazine régional Terra. L’éleveur a ainsi activé le « Pass’bio », un mécanisme permettant d’établir un diagnostic et un suivi du projet par un expert de la chambre d’agriculture locale.

« Il n’y a pas que l’aspect financier qui est important« 

« Une étude a été menée sur l’exploitation pour savoir si on était prêts à se convertir, à la fois financièrement et techniquement« , a expliqué l’agriculteur. Car cette conversion au bio, débutée au printemps 2015, a nécessité d’importants travaux. Le couple de producteurs laitiers visait en effet une « vitesse de croisière » de 500 000 litres de lait bio par an. Ce qui impliquait d’agrandir le troupeau, de doubler la capacité des bâtiments, et de mettre en place une seconde salle de traite. Les exploitants ont ainsi investi 500 000 € dans cette transition qu’ils jugeaient nécessaire : « on le fait pour nous mais aussi pour les générations d’après« , expliquait Philippe Lefeuvre.

L’Union européenne a participé financièrement à ce projet. Dans le cadre du FEADER, et de ses axes régionaux « Modernisation des bâtiments et équipements associés des exploitations agricoles » et « Soutien à l’installation des jeunes agriculteurs », elle a soutenu les investissements à hauteur de 60 000 €. Des subventions qui s’ajoutent aux aides régionales du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles, comptant pour 65 000 €.

« Il n’y a pas que l’aspect financier qui est important« , estimait Philippe Lefeuvre. Pour l’exploitant breton, le soutien européen indique « qu’on reconnait nos efforts et qu’on nous aide à passer un cap qui est difficile« . Celui-ci n’était cependant qu’une première étape, faisait savoir Hélène Lefeuvre fin 2017, la suivante étant la mise en place une formule de vente de produits laitiers à la ferme en circuit court.

Voir le témoignage vidéo sur le site de la région Bretagne (2’38) :

 

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