le gouvernement valide un projet autoroutier qui doublonne un train express



Publié le 25 février 2020

Quelques semaines après la mise en service du Léman Express, le gouvernement français a donné son feu vert à un vieux projet autoroutier dont le tracé s’avère quasi identique. Craignant une mise en concurrence en défaveur du train, la ville de Genève et deux associations françaises ont déposé un recours devant le Conseil d’État. 

Un cadeau de Noël empoisonné ? Le 24 décembre dernier, un décret du gouvernement déclarait la liaison autoroutière de 2×2 voies dans le Chablais d’utilité publique. Longue de plus de 16 kilomètres, celle-ci doit relier Machilly à Thonon-Les-Bains, en Haute-Savoie. Une victoire pour ceux qui y voient une façon de désenclaver le territoire. Et une hérésie écologique pour les organisations environnementales qui craignent que cette nouvelle desserte déverse des dizaines de milliers de voitures dans la région.

Ce projet, dans les cartons depuis plus de vingt ans et retardé à plusieurs reprises, pourrait néanmoins ne pas voir le jour. Le feu vert du Premier ministre intervient quelques semaines après la mise en service du Léman Express, un train rapide transfrontalier reliant notamment Évian-les-Bains à Genève, dont le tracé est presque identique. Craignant une mise en concurrence en défaveur du train, la Ville de Genève et deux associations françaises ont déposé un recours vendredi 14 février devant le Conseil d’État. 

Exemple de contradiction 

« Faire renaître un tel projet à l’heure de l’urgence climatique est aberrant. En effet, moins de 10 jours avant le feu vert du Premier Ministre était inauguré le Léman Express, RER transfrontalier effectuant sensiblement le même trajet que la future autoroute. Un doublon sur lequel la Ville de Genève attaque la décision de l’Etat français », expliquent les requérants.

Les associations de défense de l’environnement craignent que les habitants du Chablais privilégient la voiture au détriment des transports en commun, la vallée de l’Arve étant déjà l’une des plus polluées de France. Elles dénoncent également une totale contradiction avec les ambitions climatiques de la France quelques jours seulement après l’annonce d’un « tournant vert » par Emmanuel Macron, en visite sur le Mont-Blanc.    

Une enquête publique dont les résultats ont été communiqués en octobre 2018 montrait « de façon très majoritaire le souhait des habitants et de tous les acteurs économiques d’améliorer la circulation » dans ce secteur. Mais l’Autorité environnementale avait émis un avis réservé sur le projet, relevant « des insuffisances sur l’évaluation des impacts et sur les mesures de compensation à la destruction d’habitats naturels. »    

Concepcion Alvarez, @conce1





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