[Revue de presse] Budget européen 2021-2027 : les Européens encore (très) loin du compromis


Revue de presse
24.02.2020

Le dernier sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement s’est conclu vendredi 21 février sur un échec. Les trop grandes divisions entre les Etats membres ont empêché un accord sur le prochain budget à long terme de l’Union européenne. Et chacun accuse les autres d’en être responsable.

Les dirigeants des quatre pays dits « frugaux » ont tenu une position ferme pendant le sommet en faveur d’un budget réduit. De gauche à droite : Stefan Löfven, Premier ministre suédois, Mark Rutte, Premier ministre néerlandais, Mette Frederiksen, Première ministre danoise et Sebastian Kurz, chancelier autrichien – Crédits : Mario Salerno / Conseil européen

« L’échec était prévisible, il a eu lieu« , déplore Libération. Réunis jeudi 20 et vendredi 21 février pour négocier le prochain budget à long terme de l’Union, les Vingt-Sept ont fait face à une situation « difficile, presque insoluble« , commente Le Figaro. D’un côté, le départ du Royaume-Uni laisse un trou de 75 milliards d’euros dans les recettes et de l’autre, « les grandes ambitions de l’Union« , climatiques notamment, exigent des investissements supplémentaires.

Une « ligne de fracture » est ainsi apparue. Les « quatre frugaux » (Autriche, Danemark, Pays-Bas et Suède), « soutenus en sous-main par l’Allemagne« , considèrent que l’Union doit limiter ses dépenses à 1 % du RNB communautaire, explique Libération. « Le Brexit a eu lieu, je le déplore, mais il faut l’accepter et adapter notre budget en conséquence« , se défendait ainsi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte en conférence de presse [Euronews]. A l’inverse, 17 pays de l’est et du sud, « auto-proclamés ‘amis de la cohésion […] veulent protéger les programmes traditionnels, comme le financement des infrastructures et la politique agricole commune« , explique le média.

Problème : entre ces deux positions, « les différences sont trop grandes« , a reconnu Angela Merkel à l’issue du sommet [Le Figaro]. « Je ne pense pas qu’il y ait eu un moment où les deux camps étaient assez proches pour parvenir à un accord« , regrette une source diplomatique citée par Politico. Sans compter les autres débats, qui ont constitué autant de lignes de fracture. Comme sur la réduction du budget alloué à la politique agricole, la mise en place de nouvelles ressources, la suppression des rabais accordés à quelques-uns, ou encore la possibilité de suspendre les aides en cas d’atteintes à l’état de droit…

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Refus unanimes

« Charles Michel devait donc concilier l’inconciliable » [Le Figaro]. Mais sa proposition initiale, fixant le budget européen à 1,074 % du RNB de l’UE, n’a satisfait personne. Vendredi après-midi, il a ainsi « soumis aux Vingt-Sept une version ‘ajustée’« , l’abaissant à 1,069 % du RNB [Le Figaro]. Si cette version réhaussait les crédits de cohésion et de la PAC, elle s’accompagnait aussi de « gestes à l’intention des quatre ‘radins’ : maintien des rabais, coup de pouce sur la TVA et ristournes sur le financement du budget de la zone euro« , poursuit le quotidien.

Nouvelle offre, nouvel échec. La proposition n’a « même pas été présentée en détail, tant il était clair que le contenu n’était pas suffisant pour combler les différences« , a expliqué la chancelière allemande [Politico].

Pire, le sommet a « contribué à durcir les positions au lieu de les faire converger« , estime Le Figaro. Les frugaux « mènent en réalité une bataille politique« , estime Jean Quatremer pour Libération. En s’opposant à la création de ressources propres pour le budget de l’UE, autonomes des contributions nationales, ces derniers refuseraient de « perdre le contrôle et prendre le risque d’une Union forte« .

« L’exaspération [des autres pays] est allée crescendo » [Le Figaro]. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a même défendu vendredi après-midi un budget à 1,3 % du RNB européen, face aux journalistes dans la salle de presse du Conseil européen. « Tout le monde [est ressorti] plus mal qu’il n’est entré« , a résumé un diplomate à Contexte. Cet échec constitue « un coup dur pour une Union qui ne cesse aussi de répéter qu’elle est, au lendemain du Brexit, plus unie que jamais« , analyse le média.

Charles Michel en échec

Face aux refus unanimes des Etats membres, le président du Conseil européen a fait le choix d’ajourner la réunion. « Le sommet aurait pu virer au fiasco mais les dirigeants européens auront au moins su l’arrêter à temps« , relativise Le Figaro. Il n’en reste pas moins que l’ancien Premier ministre belge a « raté son premier grand test de politique européenne » [Contexte]. Il « aurait pu être mieux préparé à la tâche« , ajoute Politico. « Absolument convaincu » que la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement était « utile et nécessaire« , Charles Michel a cependant estimé avoir « essayé de son mieux« , rapporte le média.

Le président de l’institution s’est « bien gardé de donner la moindre indication sur la suite des opérations. Il n’y a, à ce stade, ni calendrier ni plan nouveau sur la table« , indique Le Figaro. Or le temps presse : « un travail technique substantiel sera nécessaire une fois un accord conclu pour éviter une perturbation des programmes de l’UE« , prévient Politico.

Selon plusieurs sources diplomatiques, « les dirigeants pourraient se réunir à nouveau lors d’un second sommet, peut-être même le mois prochain » [Politico]. Mais « rien ne laisse penser qu’une deuxième rencontre permettrait d’aboutir« , juge Le Figaro.

 

 

 

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