[Revue de presse] Libye : nouvelle opération navale européenne pour faire respecter l’embargo sur les armes


Revue de presse
18.02.2020

Tous les Etats membres se sont unis, lundi 17 février, pour lancer une nouvelle mission navale européenne. Objectif : faire respecter l’embargo sur les armes à destination de la Libye en guerre. Ils ont dans le même temps mis fin à l’opération Sophia, qui avait notamment contribué à sauver des migrants en mer Méditerranée.

Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité – Crédits : Oliver Bunic / Commission européenne

« L’Union européenne s’accorde à déployer des vaisseaux de guerre pour faire respecter l’embargo sur les armes en Libye« , titre The Guardian. Lundi 17 février, les ministres des Affaires étrangères des 27 Etats membres se sont entendus afin de « déployer une nouvelle mission navale à l’est des côtes de la Libye pour empêcher les livraisons d’armes aux belligérants de ce pays« , selon Ouest-France (avec l’AFP). « Cette nouvelle opération impliquera des composantes aériennes, satellites et maritimes » afin de contrôler cet embargo mis en place par les Nations unies en 2011, rapporte Politico.

Une décision commune qui sonne comme une victoire pour le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell. Ce dernier avait auparavant insisté sur « le besoin d’unanimité parmi tous les Etats membres pour prendre des décisions sur la sécurité et la politique étrangère« , relève The New York Times. Ce nouvel accord fait suite à un sommet qui s’est tenu à Berlin le mois dernier, où « les dirigeants du monde s’étaient mis d’accord pour encourager un cessez-le-feu et stopper le flux d’armes vers la Libye« . « Mais rien n’a changé sur le terrain et les combats ont continué« , poursuit le média américain.

Actuellement, les deux principaux acteurs du conflit sont Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar. Le premier, soutenu par la Turquie et le Qatar, est le chef d’un gouvernement d’union nationale et contrôle Tripoli, la capitale libyenne. Quant au second, il bénéficie du soutien des Emirats Arabes Unis, de l’Egypte et de la Russie et détient le contrôle de l’est et du sud du pays. Les deux camps reçoivent actuellement des fonds, des armes et des mercenaires de leurs alliés respectifs. Bien que les Nations unies reconnaissent le gouvernement Sarraj comme le seul légitime, l’embargo concerne les deux belligérants.

Josep Borrell espère que les navires « pourront patrouiller à partir de fin mars, et opéreront dans les eaux internationales, et non libyennes« , note The New York Times. De plus, le haut représentant indique que les ministres européens discuteront en mars de la manière de mettre en place « l’embargo sur les presque 1 200 kilomètres de frontière terrestre entre l’Egypte et la Libye« , rapporte Politico.

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Fin de l’opération Sophia

Mais « tandis que les ministres de l’UE se mettaient d’accord sur la création de l’opération navale, ils ont mis fin à l’opération Sophia, lancée en 2015 pour combattre les passeurs de migrants et les noyades en mer« , relève The Guardian.

« Nommée d’après un enfant né d’une mère somalienne sauvée […] lors d’une opération de l’UE« , l’opération avait vu ses patrouilles en mer suspendues en mars 2019. Une suspension notamment due au gouvernement italien d’alors, une coalition populiste entre des partis d’extrême-droite et antisystème, qui avait menacé de s’opposer à l’ensemble de l’opération. Depuis, cette dernière ne mobilise plus que « des moyens de surveillance aériens et satellitaires« , ajoute Ouest-France.

« Tandis que le mandat de l’opération Sophia [a] plus tard [été] étendu [jusqu’au 31 mars 2020] pour inclure l’embargo sur les armes, plusieurs pays de l’UE ont souhaité abandonner le nom pour une nouvelle mission centrée uniquement sur les armes« , relate The Guardian. « La solution trouvée par les ministres lundi a été de lâcher Sophia, changer son nom et son aire d’intervention« , explique Politico. La nouvelle opération, qui nécessitait l’unanimité des 27, devrait s’appeler « Opération UE surveillance active« , selon The Guardian.

Les migrations divisent toujours les Européens

« Il y a un consensus de base sur le fait que nous voulons maintenant une opération militaire, et pas une mission humanitaire« , a ainsi assumé le ministre des Affaires étrangères autrichien, Alexander Schallenberg [The Guardian]. L’Autriche, soutenue par la Hongrie, s’était opposée à la relance de l’opération Sophia, par crainte du « soi-disant appel d’air« , note Politico. Autrement dit, la peur de rendre « l’idée de migration plus attrayante parce que les chances d’être sauvé augmentaient ». « Un argument réfuté par les fonctionnaires de l’UE », pour qui « le nombre de migrants quittant la Libye a diminué depuis le lancement de l’opération en 2015« , ajoute le média.

Rien n’y a fait. Et pour « contrer les objections selon lesquelles la nouvelle opération pourrait se transformer en opération de sauvetage, Borrell a promis le retrait des navires si l’opération devenait un facteur d’appel d’air« , rapporte The Guardian. Une promesse qui a permis de lever les oppositions de l’Italie et de l’Autriche, selon le quotidien britannique, bien que ce qui constitue un « appel d’air » n’ait pas été défini [Politico]. De plus, un mémo interne dévoilé par l’ONG Statewatch déclare que « les composantes navales peuvent être déployées dans les zones les plus pertinentes pour la mise en place de l’embargo sur les armes […], où les chances de conduire des opérations de sauvetage sont plus faibles » [The Guardian].

Toutefois, en cas de sauvetage en mer, « les naufragés seront pris en charge par le pays du pavillon du navire ou sinon, il faudra utiliser la rotation des ports pour les débarquements« , a déclaré le ministre italien Luigi di Maio [Ouest-France].

 

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