Les entreprises de plus en plus soucieuses des conditions de départ de leurs salariés


Deux hommes discutent devant des cartons de déménagement. Photo d’illustration. (MAXPPP)

Le marché du travail repart. Les démissionnaires peuvent désormais, dans certains cas, toucher le chômage. Résultat, dans certains secteurs, le turn-over, le taux de départ des salariés, s’envole. Et une question prend de l’importance : celle de la gestion du départ des collaborateurs.

Ce moment délicat, celui où un salarié quitte son entreprise pour une autre, les entreprises doivent le gérer de plus en plus fréquemment. Selon Philippe Burger, du cabinet Deloitte, en dix-huit mois le taux de turn-over, le taux de salariés qui partent, est passé de 15 à 20% dans les sociétés de conseil et de services. Dans l’industrie, il est monté de 3 à 7%, et il grimpe à 9% chez les équipementiers. Avec en effet, depuis le mois d’octobre, la possibilité pour les salariés démissionnaires de toucher le chômage – sous des conditions quand même assez strictes – la situation ne va pas s’arranger. D’où la montée d’une préoccupation dans de plus en plus d’entreprises : réussir ce moment, et pour certaines d’entre elles mettre en place tout un processus de séparation à l’amiable que les anglo-saxons appellent offboarding. « Offboarding » pour débarquement, tout simplement. L’inverse de l’onboarding, qui est la procédure mise en place pour accueillir au mieux les nouveaux collaborateurs.

Selon l’étude que vient justement de réaliser le cabinet de recrutement Hays, un salarié sur deux aimerait bénéficier, au moment où il s’en va, d’un bilan de départ. Les trois quarts d’entre eux voudraient aussi que leur départ soit officiellement annoncé en interne et qu’il y ait des procédures claires de passation des missions. Bref, il y a une forte demande pour que les départs se passent bien, et pas en catimini.

Cela se pratique de plus en plus dans les entreprises. Toujours selon ce même sondage, 8% des entreprises ont mis en place des procédures d’offboarding. Certains d’entre elles font par exemple remplir un questionnaire. Sur ce qui a été le déclic de départ, sur les trois choses que le salarié a le plus aimées et les trois raisons qui l’ont poussé à partir. Des informations qui vont être précieuses pour s’améliorer, pour qu’il parte avec une bonne image – et donc qu’il fasse une bonne publicité à son ancien employeur – qu’il dise en quelque sorte « merci pour ce moment » et éventuellement pour faire revenir le partant… Car ce que l’on appelle les « salariés boomerang » sont de plus en plus nombreux. Selon un sondage mené par Digital Recruiters, près de 40% des salariés français sont ouverts à l’idée de retourner travailler pour un ancien employeur.



FranceTVinfo

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