Tomates: ce qu’il faut savoir sur le virus qui inquiète



Depuis une dizaine de jours, un virus extrêmement virulent et touchant les tomates provoque des inquiétudes vis-à-vis de la filière. D’autant que lundi soir, le ministère de l’Agriculture a confirmé qu’une exploitation dans le Finistère était touchée et a été confinée. Une première contamination qui laisse peser un risque économique sur la filière. Mode de contamination, dangerosité, impact économique… que faut-il savoir sur ce virus ToBRFV?

Qu’est-ce que le virus ToBRFV?

Baptisé Tomato brown rugose fruit virus, c’est-à-dire « virus du fruit rugueux de la tomate brune », le ToBRFV s’attaque aux plantes potagères et notamment aux tomates et aux poivrons. Observé pour la première fois en 2014 en Israël, ce virus a également été identifié au Mexique, aux Etats-Unis mais aussi en Allemagne et en Italie en 2018 et l’an passé, il a été trouvé dans d’autres pays européens: les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Grèce. Il y a une dizaine de jours, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation avait décidé de renforcer la surveillance sur l’ensemble du territoire par rapport à ce virus. Lundi soir, la confirmation d’une première exploitation contaminée dans le Finistère est tombée et a été confinée afin de détruire les végétaux et de désinfecter le site en vue d’enrayer la propagation du virus.

Pourquoi est-il si dangereux pour les tomates?

Si l’alarme a été donnée vis-à-vis de ce virus, c’est qu’il n’existe aucun traitement ni aucune variété résistante pour y faire face. Et que « selon l’Anses, le virus peut infecter jusqu’à 100% des plantes sur un site de production », rappelle le ministère de l’Agriculture.

D’autant que le virus peut être véhiculé par les semences ou les plants. Dans le cas de l’exploitation française touchée, les plants  « proviennent du Royaume-Uni et sont eux-mêmes issus de semences produits aux Pays-Bas », a précisé le ministère, ajoutant que des contrôles sont menés dans les autres exploitations ayant reçu des plants du même lot. Mais celles qui ne sont pas concernées mais sont situées à proximité de l’exploitation contaminée sont aussi placées sous surveillance renforcée. Car le virus peut aussi être propagée par l’activité humaine, via le contact des mains, des outils, des vêtements ou des insectes par exemple.

Comment reconnaître une tomate atteinte par le virus?

Si les producteurs de tomates doivent être vigilants, les jardiniers amateurs doivent également être attentifs, notamment lors de l’achat de semences et de plants. Un plant infecté présente les symptômes suivants: des marbrures sur les feuilles, une décoloration et des taches jaunes ou brunes du fruit, une déformation du fruit, le caractère rugueux de la peau. Le fruit perd ainsi ses qualités gustatives et devient non commercialisable.

Y a-t-il un danger pour l’homme?

« Ce virus n’a pas d’impact sur l’homme », insiste le ministère de l’Agriculture.

Quel est le risque économique?

Les conséquences économiques d’une propagation du virus ToBRFV pourraient être fortes sur la filière de la tomate. La tomate est en effet la première culture légumière en France avec 712.000 tonnes produites en 2018, rappelle le ministère de l’Agriculture. A cela s’ajoutent près de 400.000 tonnes cultivées dans les jardins potagers… Il faut dire que la tomate est le légume le plus plébiscité par les Français: la consommation s’établit en moyenne à 13,9 kg par ménage et par an.



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