Pour défendre Griveaux, Castaner évoque les « divorces et séparations » du patron du PS


Invité ce mercredi 19 février dans la matinale de France inter, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a quelque peu dérapé en évoquant la vie privée du député PS Olivier Faure pour voler au secours de Benjamin Griveaux, l’ex-candidat LREM à la mairie de Paris qui a abandonné la course au milieu du gué à la suite de la diffusion de vidéos intimes.

A la une de « l’Obs » cette semaine, l’ère de la trash politique

« Les politiques doivent rester des femmes et des hommes parce que sinon ils sont coupés de la réalité (…) J’invite la classe politique à beaucoup de modestie. J’ai été surpris d’entendre à votre micro Olivier Faure [patron des socialistes, ndlr], que je connais bien et depuis longtemps et que j’ai accompagné dans ses divorces ». « J’ai été étonné par ses leçons de morale », a insisté Christophe Castaner. Un exemple supplémentaire de l’ère nouvelle de la « trash politique » ?

Une sortie largement commentée sur les réseaux sociaux, y compris par des responsables politiques. « On savait Castaner capable de tout. Il le confirme à nouveau. Odieux », a notamment réagi sur Twitter Manuel Bompard, député de la France insoumise.

La « légèreté incroyable » de Griveaux

A quelles « leçons de morale » Christophe Castaner fait-il allusion, dans sa réponse ? Lundi, déjà sur France Inter, le premier secrétaire du Parti Socialiste avait taclé la « légèreté incroyable » de l’ancien porte-parole du gouvernement :

« Quand vous êtes un homme ou une femme publique, un décideur public, un ministre, vous devez prendre toutes les précautions d’usage pour ne jamais être à la portée des maîtres chanteurs ».

Vendredi 14 février, Christophe Castaner n’avait pas de mots assez durs pour mettre en garde toute la société face à l’intrusion d’éléments de la vie privée dans le débat politique. « Le respect dû à chacun de nos concitoyens s’applique aussi à la classe politique », faisait-il valoir, pointant « celles et ceux qui utilisent tous les moyens pour nuire à la classe politique mais aussi pour nuire à leurs voisins, à leurs tiers, à des gens dont ils veulent se venger ».

« Nous avons des lois protectrices dans notre pays, il est essentiel de les faire vivre, sinon c’est non seulement le système démocratique qui serait emporté par ces dérives-là mais c’est aussi un jeu très pervers qui naîtrait dans les relations humaines », observait-il encore.

Et Christophe Castaner, surtout, appelait à être « vigilant ». « Il en va à la fois des règles démocratiques, mais bien au-delà du respect de la vie privée des femmes et des hommes qui dans notre pays s’engagent ».

Faure VS Castaner : une vieille histoire

Entre Christophe Castaner et Olivier Faure, tout avait pourtant bien commencé. Anciens rocardiens tous les deux, les deux ex-complices qui se sont connus à la fin des années 1980, semblaient avoir signé un pacte de non-agression à l’arrivée de l’ancienne tête de liste PS en Provence-Alpes-Côte-d’Azur place Beauvau, au printemps 2017. Avant que la situation n’évolue courant 2019. « Ça commençait à gronder sur sa mansuétude (celle d’Olivier Faure) à l’égard de Castaner », rappelait à ce titre « L’Opinion » en mars de cette année-là.

La déclaration qui semble avoir achevé le pacte de non-agression entre les deux hommes ? Le 17 mars dernier, alors que la polémique déclenchée par la diffusion d’images montrant le ministre en boîte de nuit, Olivier Faure l’avait lourdement taclé : « Quand on est ministre de l’Intérieur, on est 24 heures sur 24 au service de la République. Imaginez qu’à l’heure où il était en boîte de nuit, il y ait eu un attentat. Imaginez qu’on l’ait retrouvé à moitié saoul. Il y a quand même une dignité à assumer jour et nuit », grinçait député en rappelant que les images du ministre avaient été captées un soir de manifestation des gilets jaunes. Dans le même registre, Olivier Faure avait également ironisé sur la gestion du maintien de l’ordre « entre deux verres » de Christophe Castaner. L’amitié entre les deux hommes semble définitivement enterrée.





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