Sainte Agnès envoyée au bûcher parisien


Quelle idée folle d’envoyer au front un de ses meilleurs ministres ? Quelle panique effroyable a bien pu saisir ces malheureux dirigeants Marcheurs pour qu’ils sacrifient sans ménagement celle qui était en train de porter tant de dossiers dans un gouvernement aux abois ? Encore une fois, on se frotte les yeux devant tant d’obstination à se saborder avec une application suicidaire. Agnès Buzyn, celle-là même qui avait refusé d’être candidate dans le 15e arrondissement, prétextant son manque d’expérience politique, confessant sa méconnaissance des dossiers municipaux et son peu d’appétence pour les joutes politiciennes, est donc catapultée, sur ordre présidentiel, dans une diligence en feu.

Elle se retrouve dans le pire des rôles, celui du pompier de service, candidate à la mairie de Paris, un petit mois avant l’échéance du 15 mars. En d’autres termes, la veille du scrutin. La toubib est envoyée aux urgences, c’est le moins qu’on puisse dire. Un choix dicté sans doute par l’alerte générale décrétée par la Macronie. Agnès Buzyn passe ainsi du statut de ministre populaire à celui de roue de secours d’une équipe à la limite de la débandade. Une chute vertigineuse.

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A l’insu de son plein gré…

Par quelle ruse, quel envoûtement, quel subterfuge, ce président a-t-il pu la convaincre de faire ce tête-à-queue politique inédit, quasi invraisemblable ? La dame n’était-elle pas, à son poste, au ministère de la Santé, surchargée de dossiers dont elle connaissait la moindre virgule ? Le coronavirus, la crise des hôpitaux, la réforme des retraites, celle d’un système de santé à bout de souffle, et tant d’autres domaines sur lesquels elle portait cette image de bienveillance paisible, de sérieux.

En pleine tourmente, elle paraissait la seule, avec sa voix d’un velouté si particulier, à la limite du chuchotement, à donner le sentiment que ce pouvoir savait où il allait. Elle était l’airbag du gouvernement, l’amortisseur de mesures prises souvent à l’emporte-pièce. Avec elle, la confiance n’était pas encore un vain mot.

Et puis, patatras, l’hématologue renommée, grande spécialiste des greffes de moëlle osseuse, totalement novice en politique, quasiment « à l’insu de son plein gré », se jette à l’eau, ou plutôt dans un marécage plus que fangeux. Car, malgré sa bonne volonté et ses qualités incontestables, sa campagne express n’échappera pas au feuilleton Griveaux. Ce dernier s’est effacé, certes, mais son affaire va immanquablement poursuivre son bonhomme de chemin médiatique et judiciaire durant ce mois qui va paraître interminable pour la République en Marche.

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Les apparatchiks du parti ont-ils cru qu’en choisissant une femme au look de « dame patronnesse » respectable, ils allaient gommer les épisodes ténébreux de ce « revenge porn » médiocre et désastreux pour ce Nouveau Monde qui prend aujourd’hui des rides à la vitesse de la lumière ? Si c’est le cas, la situation est encore plus grave qu’on ne l’imagine. Agnès Buzyn ne méritait pas de jouer les « Sainte-Blandine ». Projetée sans expérience dans une arène en fusion, aura-t-elle la capacité à éviter les coups qui vont pleuvoir ? Ceux qui l’ont cooptée avec une inconscience coupable sauront-ils la protéger ? L’expérience passée ne pousse pas à l’optimisme.





nouvelobs

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