VIDEO. « Je les ai bien eus », a dit Jean-Marc Reiser après avoir été acquitté en 2001, selon l’avocat de la famille Hohmann



Jean-Marc Reiser, mis en examen pour l’assassinat de l’étudiante strasbourgeoise Sophie Le Tan, disparue en 2018 et dont le corps a été retrouvé démembré en octobre 2019, a aussi été condamné en 2001 dans le Doubs pour viols à quinze ans de réclusion criminelle. Cette condamnation a relancé l’affaire Françoise Hohmann. Pour financer ses études, cette jeune représentante commerciale vendait des aspirateurs en faisant du porte-à-porte. Le 8 septembre 1987, elle finit sa tournée chez Jean-Marc Reiser, à Strasbourg.

Dernière personne à avoir vu vivante Françoise, l’homme continue de nier toute implication. Il est quand même renvoyé devant la cour d’assisses de Strasbourg en 2001. Un procès sans preuves matérielles, sans le corps de la victime et sans aveux. Verdict : Reiser est acquitté. « On est dévastés, on ne sait même pas ce qui nous arrive, on s’est pris un tsunami dans la figure. On ne comprend pas en fait et on rentre chez nous avec cette douleur », explique Isabelle Hohmann, sœur de François au magazine « 13h15 le samedi » (replay).

« J’ai ça noir sur blanc dans mon dossier »

« Je vais vous donner un élément que vous ne connaissez pas, dit maître Thierry Moser, défenseur de la famille Hohmann. Lorsqu’il est acquitté par la cour d’assises de Strasbourg en 2001, les policiers de l’escorte le ramènent à la maison d’arrêt pour les formalités de levée d’écrou. Il regarde les policiers et leur dit : ‘Je les ai bien eus’, en parlant des jurés. Il a peut-être même dit : ‘Je les ai bien b, a, i…’ Enfin, vous avez compris… J’ai ça noir sur blanc dans mon dossier et la pièce démontrant ce que je dis, je l’ai produite à madame la procureure de la République de Strasbourg. »

« Ce comportement est atroce et cela fait vomir, poursuit l’avocat, mais voilà ce que ce monsieur a déclaré dans les minutes qui ont suivi l’acquittement. » Jean-Marc Reiser est donc acquitté du meurtre de Françoise Hohmann et ce verdict est définitif. Pour que l’affaire soit relancée, il faut s’appuyer sur d’autres chefs d’accusation : « Il fallait que je trouve une qualification juridique différente du meurtre pour faire réactiver les investigations, précise Me Moser. J’ai pensé au crime de séquestration et au délit de recel de cadavre. Et s’il y a des charges suffisantes, une mise en examen peut s’ensuivre. Croisons les doigts et espérons pour le mieux… » Le parquet de la ville a finalement décidé lundi 3 février 2020 de rouvrir l’enquête sur ces chefs d’accusation en évoquant des « charges nouvelles ».



francetvinfo

A lire aussi

Laisser un commentaire