[Revue de presse] Changement climatique : de nouvelles cartes révèlent ce qui attend l’Europe


Revue de presse
12.02.2020

Sécheresses, incendies, inondations… les nouvelles projections de l’Agence européenne de l’environnement décrivent des scénarios particulièrement pessimistes pour l’Europe d’ici 2100.

Cette carte montre, en pourcentages, l’évolution prévue de la dangerosité des feux en 2100 (par rapport à 1981-2010). Le scénario à +2°C est à gauche, celui à +4°C est à droite. – Crédits : Agence européenne de l’environnement / CC BY 2.5 DK

« On le sait déjà : l’Europe ne sera pas épargnée par les conséquences du réchauffement climatique« , annonce Le Figaro. Mais quelle sera l’ampleur des feux de forêt, des sécheresses ou des pluies à l’avenir ? Lundi 10 février, Le Monde a révélé une série de cartes destinées « à représenter les conséquences du réchauffement climatique sur notre continent« . Au nombre de treize, celles-ci « ont été réalisées par la très sérieuse Agence européenne de l’environnement [AEE] ». « Les chercheurs de l’institution se sont projetés sur la fin du XXIe siècle pour imaginer ce que seront nos vies d’Européens, et celles de nos enfants et petits-enfants, à cette échéance« , rapporte Le Monde.

Chaque phénomène étudié est illustré par deux cartes. La première basée sur une augmentation de la température de 2°C en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels (ce qui voudrait dire que l’accord de Paris aurait été respecté). Et la seconde basée sur un réchauffement de 4°C. « L’objectif : démontrer que dans les deux cas, l’impact du réchauffement sera sérieux, mais qu’il sera catastrophique à +4°C« , selon Le Figaro.

« La conclusion est sans appel« , précise Le Monde. « Les catastrophes qui se multiplient ces dernières années – Venise sous les eaux en novembre 2019, les inondations dans l’Aude fin 2018, ou encore les incendies en Suède en 2018, pour n’en citer que quelques-unes – vont devenir partie intégrante de nos quotidiens« , analyse ainsi le journal du soir. « Ce qui est aujourd’hui un événement exceptionnel va devenir la norme dans de nombreux endroits« , relève l’Agence européenne de l’environnement.

Risques pour l’Europe

Ainsi, une bonne partie de l’Europe serait exposée aux feux de forêt liés aux conditions météorologiques, en hausse « d’au moins 10% » dans le scénario le « plus optimiste » [Le Figaro]. Leur progression atteindrait plus de « 40% dans le sud de l’Europe, notamment sur une grande partie de la France et dans le nord de l’Espagne et de l’Italie, en cas de réchauffement moyen de la planète de +4°C« , note Le Figaro. Et « le nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande » serait également exposé [Le Monde].

Ces risques sont corrélés à l’augmentation des sécheresses. « Le nord-ouest de la France, encore peu impacté par les fortes canicules, ne le sera plus. La Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie vont être encore plus fortement touchées qu’aujourd’hui« , relèvent Les Echos. Tandis que « selon l’agence européenne, 20 % de la péninsule Ibérique serait transformée en désert d’ici à la fin du siècle si le réchauffement climatique dépassait les quatre degrés » [Le Monde].

Parallèlement, cela n’empêchera pas « une multiplication des épisodes de fortes pluies dans la plupart des régions d’Europe, surtout en automne et en hiver » [Le Figaro], ni un risque élevé de submersion des côtes. « Dans le scénario le plus optimiste, les côtes européennes connaîtraient une élévation moyenne du niveau de la mer allant de 0,2 m à 0,4 m (à l’exception du nord de la mer Baltique)« , rapporte Le Figaro. « Sur la côte ouest en France, les risques d’inondations seront près de 200 fois plus importants qu’en 2010« , révèle Blaz Kurnik, expert de l’AEE interrogé par Le Monde.

« Dans le scénario pessimiste, l’élévation moyenne irait de 0,6 m à 1 mètre le long de la côte Atlantique et en mer Méditerranée« , ajoute Le Figaro. Ainsi, dans le pire des cas, « le nombre d’Européens exposés aux débordements périodiques des mers passerait de 102 000 à […] 3,65 millions, dans les 17 principales cités littorales de l’UE« , selon Les Echos.

« Pas à la hauteur des défis« 

« Les Européens, et tout particulièrement les Français, ont du souci à se faire« , résume donc le quotidien économique : « à moins de réagir dès maintenant et avec ambition, canicules, submersions marines, feux de forêts et autres sécheresses vont s’abattre à un train d’enfer sur le Vieux Continent« . De même, « pour l’Agence européenne de l’environnement, cela implique qu’il est urgent pour les pays de s’adapter et prévoir les conséquences à venir au cours des prochaines décennies » [RTBF].

« Au-delà de la nécessité d’intensifier la lutte contre le réchauffement climatique, les Européens doivent donc sans tarder se préoccuper de protéger ce qui peut l’être des conséquences d’ores et déjà prévisibles de la hausse des températures« , relève Le Monde. D’autant plus que l’hypothèse d’un réchauffement inférieur à 2°C, et donc du respect de l’accord de Paris, semble peu réalisable. « Tous les scientifiques s’accordent à dire qu’elle est déjà hors d’atteinte tant les mesures prises ne sont pas à la hauteur des défis » [Le Monde].

« A l’heure où la Commission européenne a fait du green deal sa priorité et où elle s’apprête, début mars, à dévoiler sa loi climat – censée inscrire dans le marbre le principe de la neutralité carbone en 2050 –, ce travail ne manquera pas d’alimenter ses réflexions« , espère le quotidien.

 

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