un appel à témoins lancé pour retrouver d’éventuelles victimes



« Il y a plusieurs objectifs » dans une « enquête » : « la manifestation de la vérité, vérifier si les faits sont prescrits ou non et faire en sorte qu’il n’y ait pas de victimes oubliées », a expliqué mardi le procureur de la République de Paris.

La police nationale lance, mardi 11 février, un appel à témoins dans le cadre de l’enquête ouverte pour viols visant l’écrivain Gabriel Matzneff. Elle recherche des victimes ou des « témoins d’agissements à caractère sexuel » susceptibles « d’être utiles à l’enquête », écrit-elle sur Twitter.

« Quels que soient les délais, quelles qu’aient été les circonstances ou les personnes qui pourraient être impliquées », la police nationale assure se tenir « parfaitement disponible pour accueillir votre parole ». C’est l’Office central de répression des violences faites aux personnes (OCRVP) qui est chargé de l’enquête. Les personnes souhaitant témoigner sont invitées à écrire à l’adresse temoignage-ocrvp@interieur.gouv.fr ou à appeler le 06 83 67 43 57.

Le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, avait annoncé le lancement de cet appel à témoins mardi matin, sur Europe 1. « La démarche du parquet dans ces affaires sensibles c’est toujours, lorsque ce sont des mineurs, que les faits soient prescrits ou non, d’ouvrir enquête », a expliqué le magistrat, alors que plusieurs enquêtes ont récemment été ouvertes par le parquet de Paris sur des faits a priori prescrits – comme dans l’affaire Matzneff ou celle sur les scandales sexuels dans le patinage français. « Il y a plusieurs objectifs : la manifestation de la vérité, vérifier si les faits sont prescrits ou non et faire en sorte qu’il n’y ait pas de victimes oubliées », a-t-il poursuivi.

Dans son livre Le Consentement, l’éditrice Vanessa Springora a dénoncé sa relation sous emprise avec l’écrivain Gabriel Matzneff quand elle était mineure, dans les années 1980. A la suite de la parution du livre, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « viols sur mineur » de moins de 15 ans visant l’écrivain de 83 ans.

Dans une interview à BFMTV, Gabriel Matzneff avait affirmé « regretter » ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu’« à l’époque », « jamais personne ne parlait de crime ». Dans un article publié mardi par le New York Times, il s’insurge face à la perspective de poursuites judiciaires : « Qui sont-ils pour juger leurs semblables ? », dit-il.





francetvinfo

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