Le ton monte entre les favoris démocrates avant le vote crucial du New Hampshire


Une vive tension régnait lundi entre les favoris des primaires démocrates à la veille d’un vote crucial dans le New Hampshire, le socialiste Bernie Sanders et son rival modéré Pete Buttigieg s’arrosant de critiques acerbes tandis que les autres candidats jouaient leur survie dans la course.

Face aux déchirements démocrates, le républicain Donald Trump s’invitera dans la soirée dans cet Etat, pour tenter de voler la vedette aux candidats qui se battent pour décrocher l’investiture de leur parti et le défier lors de la présidentielle américaine.

Je « veux un peu secouer les démocrates », a tweeté dans la matinée le milliardaire, candidat quasi incontesté au sein du parti républicain où il jouit d’une immense popularité, et qui jouera un second mandat le 3 novembre.

Les dix rivaux en lice dans le New Hampshire pour l’investiture démocrate avaient eux prévu quelques 25 meetings de campagne lundi, à travers cet Etat du nord-est des Etats-Unis.

Benjamin de la course âgé de 38 ans, l’ex-maire de la ville de South Bend Pete Buttigieg a surpris en remportant un premier scrutin chaotique organisé il y a une semaine dans l’Iowa. Il a devancé, d’un cheveu, celui qui était donné favori: le sénateur indépendant et vétéran de la politique Bernie Sanders, 78 ans.

« Ce qui va se passer ici aura d’énormes conséquences », a lancé Bernie Sanders à près de 2.000 personnes qui scandaient son nom, dimanche soir dans le New Hampshire, où il figure en tête de la moyenne des sondages.

Sans les citer, il a éreinté ses rivaux plus modérés qui acceptent des financements de campagne venant de gros donateurs:

« Contrairement à d’autres équipes de campagne, nous ne comptons pas sur des milliardaires qui donnent d’énormes sommes d’argent ».

Même s’il ne compte que sur les petits versements de ses partisans, le septuagénaire affiche des montants record de levées de dons.

Ancien militaire, premier candidat ouvertement homosexuel aussi bien placé dans la course à la Maison Blanche, Pete Buttigieg peut aussi s’appuyer sur un confortable trésor de guerre.

Etats-Unis : primaires et caucus démocrates (AFP – Jonathan WALTER)

Ce candidat modéré plaide pour une politique « réaliste » et de rassemblement, en tendant la main aux indépendants et aux républicains modérés, face au programme bien plus à gauche de Bernie Sanders, qui bénéficie du soutien passionné de l’électorat jeune, progressiste et militant.

« On pourrait se passer d’un projet tellement cher que le sénateur Sanders lui-même admet qu’il n’a aucune idée de comment le financer », a taclé dimanche M. Buttigieg, à propos de la profonde réforme du système de couverture santé proposée par le socialiste.

Dans les intentions de vote, les deux hommes relèguent loin derrière les autres principaux prétendants: l’ancien vice-président Joe Biden, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren et la sénatrice modérée Amy Klobuchar.

– Biden menacé –

Des partisans de Donald Trump déjà rassemblés aux abords du stade SNHU de Manchester, dans le New Hampshire, des heures avant un meeting de campagne du républicain prévu le 10 février au soir  (AFP - Joseph Prezioso)

Des partisans de Donald Trump déjà rassemblés aux abords du stade SNHU de Manchester, dans le New Hampshire, des heures avant un meeting de campagne du républicain prévu le 10 février au soir (AFP – Joseph Prezioso)

La pression est forte sur le modéré Joe Biden, qui a déçu dans l’Iowa avec une modeste quatrième place. Agé de 77 ans, il était pourtant le grand favori des sondages nationaux, se présentant en meilleur atout pour battre Donald Trump.

Son équipe envisage depuis le début des résultats moyens dans l’Iowa et le New Hampshire, tablant ensuite, pour le relancer vers les sommets, sur une excellente performance en Caroline du Sud, qui votera en quatrième fin février. Là-bas, la population noire est très importante et reste, avec une écrasante marge, acquise à l’ancien bras droit de Barack Obama.

Problème avec cette stratégie: deux ou trois vrais mauvais résultats de l’acabit de l’Iowa pourraient faire rapidement s’assécher ses sources de financement, plonger sa cote dans les sondages… et provoquer l’effondrement de sa campagne.

Comme pour circonscrire les dégâts à venir, sa haute conseillère de campagne Symone Sanders l’a affirmé lundi matin sur CNN: « Quoiqu’il arrive mardi, le vice-président Biden restera dans la course ».

Dans la lutte pour sa survie, Joe Biden attaque son grand rival au centre Pete Buttigieg, en épinglant le manque d’expérience en politique nationale de l’ex-maire d’une ville de 100.000 habitants, qu’il compare à son épais bilan au Sénat puis à la Maison Blanche.

L'ancien vice-président Joe Biden en campagne pour la primaire démocrate du New Hampshire, le 8 février 2020 (AFP - Joseph Prezioso)

L’ancien vice-président Joe Biden en campagne pour la primaire démocrate du New Hampshire, le 8 février 2020 (AFP – Joseph Prezioso)

Joe Biden n’épargne pas non plus Bernie Sanders, affirmant qu’il serait « difficile » de faire campagne « pour une candidature démocrate socialiste ».

L’autre grande candidate de l’aile gauche du parti démocrate, la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, arrive troisième dans la moyenne des sondages portant sur le New Hampshire, devant Joe Biden et la sénatrice modérée Amy Klobuchar.

Cette dernière a toutefois le vent en poupe depuis l’Iowa, coiffant même au poteau Warren et Biden dans deux sondages publiés coup sur coup ce week-end. Elle non plus n’épargne pas ses rivaux.

« Nous avons un nouveau venu à la Maison Blanche et regardez où ça nous a mené », a-t-elle décoché, lors d’un débat vendredi, en direction de M. Buttigieg.



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