Une invasion historique de criquets menace la sécurité alimentaire de l’Afrique de l’est



Publié le 06 février 2020

C’est la pire invasion de criquets depuis 25 ans. L’Afrique de l’est est envahie par des essaims qui dévorent ses récoltes et menacent la sécurité alimentaire de toute la région. Un petit groupe peut avaler la nourriture nécessaire à 35 000 personnes. Une situation dramatique qui est aggravée par le réchauffement climatique : l’humidité et la chaleur favorisent la prolifération de ces insectes.

Ce sont des images impressionnantes. Des milliards de criquets, formant d’importants nuages noirs, s’abattent actuellement sur les récoltes des paysans en Éthiopie, au Kenya ou encore en Somalie. Des essaims de criquets pèlerins « d’une ampleur et d’une capacité destructrice jamais vues », alerte l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). « Il s’agit désormais d’une situation de portée internationale qui menace la sécurité alimentaire de l’ensemble de la sous-région (de l’Afrique de l’est, NDR) », prévient l’organisation. 

 

Un seul essaim de ces criquets affamés couvre une surface de 2 400 km², soit la taille du Luxembourg, note la FAO. Un essaim moyen peut ainsi détruire en une seule journée les cultures permettant de nourrir 35 000 personnes. Face à cette désastreuse situation, la Somalie a déclaré une « urgence nationale » alors que les insectes dévastent l’approvisionnement alimentaire dans l’une des régions les plus pauvres et les plus vulnérables du monde. Cette invasion « constitue une menace majeure pour la fragile situation de la sécurité alimentaire en Somalie« , a indiqué le 2 février le ministère somalien de l’Agriculture. « Les sources de nourriture pour les personnes et leur bétail sont menacées », a-t-il souligné.

Des invasions de criquets aggravées par la crise climatique

La Somalie est le premier pays de la région à se mobiliser au niveau national pour lutter contre les essaims de criquets affamés, dont l’apparition, selon des experts, est liée à des variations climatiques extrêmes. 2019 a été l’une des années les plus humides de la région, favorisant la prolifération de ces insectes. Mais selon le climatologue basé à Nairobi Abubakr Salih Babiker cité par AP, c’est aussi l’élévation de la température des eaux de l’océan indien, au large de la côte orientale de l’Afrique, provoquée notamment par le réchauffement climatique, qui a engendré un nombre inhabituel de cyclones tropicaux dans la région.

 

« Les autorités de la région ont déjà lancé des activités de contrôle mais, étant donné l’ampleur et l’urgence de la menace, elles ont besoin d’un soutien financier supplémentaire de la part de la communauté internationale des donateurs afin d’accéder aux outils et aux ressources nécessaires à la mise en œuvre effective des interventions », a demandé le directeur général de la FAO, Qu Dong. Déjà entre 2003 et 2005, une partie de l’Afrique avait subi une crise de criquets dont l’impact économique lié aux pertes des récoltes avait été évalué à plus de 2,5 milliards de dollars. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP





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