[Revue de presse] Brexit : regain d’indépendantisme en Ecosse


Revue de presse
05.02.2020

Opposés au Brexit lors du référendum de 2016, les Ecossais semblent regretter leur sortie contrainte de l’Union européenne. Au point de quitter le Royaume-Uni et demander à la rejoindre ? S’ils sont maintenant en majorité favorables à l’indépendance de leur nation, celle-ci ne paraît cependant pas être une priorité pour eux.

Le Parti national écossais (SNP) est à l’origine de cette projection diffusée le soir du Brexit, le 31 janvier, sur le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles – Crédits : compte Twitter @theSNP

« Laisser une lueur d’espoir à l’Écosse » : c’est ce qu’implorait la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, le jour même du Brexit le 31 janvier, dans une lettre ouverte adressée aux dirigeants européens [La Croix]. Cinq jours après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, l’indépendantisme des Ecossais connaît un regain, dû à un Brexit qu’ils n’ont pas choisi. « Pour rappel, au référendum sur le Brexit, 62 % des Écossais ont voté pour le maintien dans l’Union européenne« , souligne BFM TV.

Ainsi, Donald Tusk, ex-président du Conseil européen, a assuré dimanche 2 février sur la BBC qu’un retour de l’Écosse indépendante dans l’Union européenne serait vu « avec enthousiasme » par les Vingt-Sept, rapporte BFM TV. Le Polonais, qui est désormais le chef de file du PPE, le premier parti politique européen (droite conservatrice), a déclaré se sentir « très écossais, particulièrement après le Brexit« , tout en promettant de « respecter le débat interne« , cite le média britannique PoliticsHome.

Une position sur laquelle le rejoint l’Allemande Ska Keller, co-présidente du groupe Verts/ALE au Parlement européen, qui accueillait notamment les élus écossais indépendantistes (SNP) avant le Brexit. « Nous ferons tout ce que nous pourrons pour permettre un retour rapide » de l’Ecosse dans l’UE, a promis le 31 janvier l’eurodéputée, invitée par les membres du Parti vert écossais à Glasgow [The Scotsman]. « Ce serait politiquement tellement stupide de fermer la porte à cela, et j’espère que tous les Etats membres vont le comprendre« , a-t-elle ajouté, s’estimant « confiante« .

Des sondages favorables

Depuis le Brexit, la campagne en faveur de l’indépendance de l’Ecosse semble gagner en popularité. Ainsi, pour la première fois depuis cinq ans, « trois sondages dans les cinq derniers jours ont placé le vote pour le oui [à l’indépendance] à 50 % ou plus« , annonce The Guardian. « Surtout, plus de 20 % des électeurs interrogés qui avaient voté non au référendum d’indépendance perdu par le SNP en 2014 sont passés au oui« , ajoute BFM TV.

Le Parti nationaliste écossais (SNP), auquel appartient Nicola Sturgeon, « s’est réjoui de ce nouveau soutien, qui augmente la pression sur le gouvernement du Royaume-Uni« , rapporte The Guardian. La tenue d’un nouveau référendum pourrait devenir un enjeu central.

« L’Ecosse a été tirée en-dehors de l’Union européenne contre notre volonté par un gouvernement conservateur et un Premier ministre pour lesquels nous n’avons pas voté« , a déclaré au Times Keith Brown, élu indépendantiste au parlement écossais. Face au gouvernement britannique qui a refusé jusque-là l’organisation d’un nouveau vote sur l’indépendance de l’Ecosse, il dénonce, ceux « qui tentent de manière antidémocratique de bloquer le peuple écossais à s’exprimer lors d’un référendum« .

Brexit : quel avenir pour le Royaume-(dés)uni ?

« Mettre ses ambitions d’indépendance en attente« 

Mais rien n’est joué pour permettre un référendum sur l’indépendance de l’Ecosse, et un éventuel retour dans l’Union européenne. Le Premier ministre britannique Boris Johnson « sait qu’il peut rejeter sans risque toute demande d’Édimbourg » sur ce sujet, considère BFM TV. Par ailleurs, un « rapprochement entre Bruxelles et Édimbourg est très mal vu par les eurosceptiques et l’opposition britannique« , selon La Croix. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, a ainsi jugé « irresponsables » les déclarations pro-Ecosse de Donald Tusk [PoliticsHome].

Le gouvernement britannique s’apprête justement à lancer une vaste opération de séduction auprès de l’Ecosse. « Pour preuve d’amour, il déboursera près de 5 millions de livres (5,9 millions d’euros) de fonds publics en vidéos et spots publicitaires diffusés dans les cinémas, sur les télévisions, à la radio, dans les journaux et sur les réseaux sociaux« , rapporte Ouest-France. « Objectif : convaincre les Écossais qu’ils ont tout à gagner à rester dans le Royaume-Uni… et tout à perdre en tentant d’en sortir pour revenir dans le giron de l’Union européenne« .

Une stratégie qui pourrait s’avérer payante. Car malgré la majorité en faveur de l’indépendance de la province, les Ecossais ne semblent pas faire d’un nouveau référendum une priorité. « [L’institut de sondages] YouGov a établi que seuls 34 % en souhaitaient cette année, [un chiffre] augmentant à seulement 41 % l’année suivante« , indique The Guardian. Jim Sillars, ancien leader des députés du SNP, et figure de l’indépendantisme écossais, déclare ainsi que « le parti doit mettre ses ambitions d’indépendance en attente, pour se concentrer sur l’éducation, la santé, et la réalisation du Brexit » [The Times].

 

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