[Revue de presse] Après le Brexit, la France et la Pologne relancent leur coopération


Revue de presse
04.02.2020

A l’issue leur rencontre à Varsovie, lundi 3 février, les présidents français et polonais ont souligné l’importance de réchauffer leur relation. Au lendemain du Brexit, la coopération entre les deux pays devient « incontournable« , selon Paris. Les questions de défense, mais aussi de transition énergétique ont été à l’ordre du jour.

Après avoir rencontré successivement le président Andrzej Duda et le Premier ministre Mateusz Morawiecki (à droite sur la photo), Emmanuel Macron prononcera un discours devant des étudiants à Cracovie mardi 4 février – Crédits : Krystian Maj / Flickr
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« Pour Emmanuel Macron, c’est le moment d’être pragmatique avec la Pologne« , annonce d’emblée Politico. En visite officielle en Pologne les 3 et 4 février, le président français a rencontré lundi son homologue Andrzej Duda, ainsi que le Premier ministre Mateusz Morawiecki. L’objectif ? Améliorer les relations entre les deux pays. « Oublier les anciens griefs et afficher une ambition commune« , selon Le Figaro. Car, « la relation franco-polonaise n’est pas bonne, c’est une litote« , analysent Les Echos.

Historiquement cordiaux, les rapports entre Paris et Varsovie sont « sous pression depuis que le PiS [Parti droit et justice, droite nationaliste] est arrivé au pouvoir en 2015« , rappelle Politico. Suite à l’annulation surprise d’un gros contrat avec Airbus par la Pologne en 2016, « François Hollande a annulé une visite à Varsovie, et les liens se sont gelés« , résume le média américain. La pique envoyée par Emmanuel Macron peu après son élection en 2017 – « le peuple polonais mérite mieux que ses dirigeants » – n’avait pas arrangé les choses [Les Echos].

Ces relations pourraient-elles désormais repartir d’un bon pied ? « Je crois profondément qu’il y a une percée dans les relations franco-polonaises« , a déclaré lundi Andrzej Duda à la suite de sa rencontre avec son homologue français [Politico].

Des intérêts convergents dans l’UE

Quelques jours après le Brexit, l’organisation de cette visite ne tient pas du hasard. Ce moment « historique« , selon les mots du présidents polonais [Le Figaro], pourrait rebattre les cartes en Europe. Car « avec le Brexit, la Pologne perd un allié de poids au sein de l’Union européenne, la plus grande économie à l’extérieur de la zone euro, une voix atlantiste et très sceptique envers la Russie« , relève Michal Baranowski, directeur du bureau de Varsovie du German Marshall Fund [La Croix]. Parallèlement, en tant que « première économie des ex-pays de l’Est, la Pologne voit mécaniquement son poids augmenter dans l’UE« , ajoute Libération.

De son côté, « l’Elysée reconnaît que la Pologne est incontournable sur tous les sujets clés du moment« . Qu’il s’agisse des négociations du prochain budget pluriannuel européen, de l’Europe de la défense ou de la transition climatique, « il n’y a pas d’avancées durables sans sa coopération« , a déclaré une source parisienne aux Echos. Une considération réciproque, selon Andrzej Duda : « nous voyons que la France devient une puissance et que son rôle va augmenter dans cette nouvelle Europe post-Brexit » [Le Figaro].

Le triangle de Weimar pourrait ainsi être remis au goût du jour. « Cet axe de coopération Paris-Berlin-Varsovie, [qui] n’était plus actif depuis l’entrée de la Pologne dans l’UE en 2004, […] pourrait devenir l’un des futurs moteurs européens, au-delà de la relation franco-allemande« , relève Krzysztof Soloch, expert de la relation franco-polonaise, pour La Croix.

Défense et écologie

Emmanuel Macron et les dirigeants polonais se sont donc concentrés lundi sur leurs intérêts communs, les questions de défense en premier lieu. « La Pologne et la France contribuent ensemble à la sécurité européenne et au partenariat transatlantique« , annonce la déclaration signée entre le président français et le Premier ministre Mateusz Morawiecki. Et si Emmanuel Macron a également déclaré qu’il « assum[ait] » sa proclamation sur la « mort cérébrale de l’Otan« , quelques mois plus tôt, « il a souligné qu’avec près de 4000 militaires y participant annuellement, la France était totalement engagée, dans le cadre de l’Otan, sur le flanc Est de l’Europe« , relève Libération.

Les dirigeants n’ont pas non plus esquivé la question écologique, plus sensible. Appelant à « ne pas sous-estimer les efforts que la Pologne doit faire » pour sortir du charbon [Politico], le président français souhaite presser « Bruxelles de flécher plus directement vers la Pologne les crédits du Fonds de transition juste« , dans le cadre du Pacte vert [Les Echos].

En revanche, « la France a décidé de laisser la Commission européenne gérer la très délicate question de l’État de droit en Pologne, sans cacher son hostilité aux réformes menaçant l’indépendance de la justice« , selon La Croix. Une posture qu’a tenue à expliquer le président français le soir même, à l’ambassade française de Varsovie : s’il est vrai que les valeurs ont été « bousculées » par le gouvernement polonais actuel, il suggère que c’est en lui démontrant « que son avenir se construit dans le réinvestissement dans l’UE » que l’on aidera la Pologne à retrouver le chemin du droit, rapporte Libération.

 

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