une enquête ouverte pour viols et agressions sexuelles sur mineurs après les révélations de Sarah Abitbol



Dans le livre « Un si long silence », l’ancienne patineuse accuse son entraîneur Gilles Beyer de l’avoir agressée sexuellement entre 1990 et 1992.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles sur mineurs après les révélations de Sarah Abitbol, a-t-il annoncé mardi 4 février. Dans le livre Un si long silence, l’ancienne patineuse accuse son entraîneur Gilles Beyer de l’avoir agressée sexuellement entre 1990 et 1992. Ce dernier a concédé des « relations intimes » et « inappropriées »

« Au-delà des faits évoqués dans ce livre, les investigations, confiées à la brigade de protection des mineurs de la Direction régionale de la police judiciaire de Paris, s’attacheront à identifier toutes autres victimes ayant pu subir, dans le contexte décrit, des infractions de même nature », précise le parquet dans son communiqué. 

Sur BFM TV, Sarah Abitbol, dix fois championne de France et médaillée de bronze aux championnats du monde en couples en 2000 a réagi en saluant une « victoire ». »Ce qui se passe est extraordinaire. Que l’enquête puisse être ouverte est très très bien pour les futures générations », a-t-elle détaillé, indiquant qu’elle était « enfin prête à affronter » cette affaire.

Sarah Abitbol est revenue également sur le refus de Didier Gailhaguet de démissionner. « Des personnes se sont plaintes auprès de la fédération. Il est impossible qu’il n’ait pas eu vent de ce qu’il se passait », estime-t-elle en mentionnant des « lettres » envoyées à la fédération des sports de glace.

Au micro de France Inter, l’ancienne athlète avait raconté avoir ressenti à l’époque de « la honte » et de « la peur »« Comment expliquer à mes parents ? Je ne pouvais même pas y penser. Comment expliquer une chose pareille, une chose si horrible, si dégoûtante ? Ça m’était impossible », a-t-elle expliqué.

Je me suis terrée dans ce silence avec mon mal-être, et j’espérais une chose : que ça ne recommence pas.Sarah Abitbolsur France Inter

Durant un stage de 8 semaines, en 1990, à La-Roche-sur-Yon, alors âgée de 15 ans, Sarah Abitbol écrit dans un carnet des dates, et des lettres. « P + T », « S + C » pour « peloter », « toucher », « sucer » ou « coucher »« Il profitait de venir dans la nuit avec sa lampe-torche et il me réveillait. C’était un cauchemar », a-t-elle raconté.

Plusieurs anciennes patineuses de haut niveau, dont Sarah Abitbol, ont accusé à visage découvert mercredi 29 janvier dans L’Equipe (article payant) leurs entraîneurs de viols et d’agressions sexuellesLes faits dénoncés par les anciennes stars du patinage artistique remontent aux années 1970 à 1990. Ils sont donc à présent prescrits. En effet, la loi de 2018, qui instaure le délai de prescription à 30 ans à partir de la majorité, n’est pas rétroactive si les faits dénoncés sont prescrits au moment de son entrée en vigueur.



francetvinfo

A lire aussi

Laisser un commentaire