Le climat concentre 47 % des prêts de la BEI en France en 2019



Actualité


04.02.2020

Boran Tobelem

Un première pour l’institution financière de l’UE, qui poursuit son ambition de porter cette part à 50 % de l’ensemble de ses investissements d’ici à 2025.

Crédits : baranozdemir / iStock

La lutte contre le réchauffement climatique fait maintenant partie des grandes priorités de l’Union européenne. Et la Banque européenne d’investissement (BEI) compte bien y contribuer. Fin 2019, l’institution financière de l’UE a décidé de mettre fin au financement des énergies fossiles à partir de 2022.

Elle a au même moment décidé de doubler son engagement en faveur du climat, lui réservant 50 % de ses investissements à l’horizon 2025. Une part qui a déjà atteint 31 % en 2019 pour l’ensemble de l’UE. C’est plus que l’objectif de 25 % qu’elle s’était fixé en 2015.

Qu’est-ce que la Banque européenne d’investissement (BEI) ?

3,28 milliards d’euros pour le climat en France

La France, elle, se situe bien au-dessus de la moyenne européenne : 47 % des prêts de la BEI ont été, en 2019, dédiés à des investissements en faveur du climat. Un montant qui représente 3,28 milliards d’euros.

Parmi les bénéficiaires, la société de recyclage industriel Derichebourg a reçu 130 millions d’euros de l’institution. Ou encore les sociétés de tiers financement (STF), établissements bancaires permettant aux particuliers de financer la rénovation énergétique de leurs logements. AREC Occitanie a ainsi obtenu un prêt de 40 millions d’euros.

Efficacité énergétique des logements : l’engagement de la BEI

Une activité globale en forte croissance

Au-delà du climat, l’activité globale de la banque a connu une importante croissance en 2019, malgré les inquiétudes liées au Brexit (voir encadré). D’un montant excédant les 72 milliards d’euros, les opérations de la BEI dans l’UE ont crû de 13 % par rapport à l’année précédente. Le nombre d’opérations financées atteint quant à lui 1 095 en 2019, un record pour l’institution avec une augmentation de 28 % par rapport à l’année précédente.

Les principales priorités de la BEI, en dehors du climat, sont le déploiement des infrastructures, l’innovation et le développement des PME, lesquelles bénéficient spécifiquement du Fonds européen d’investissement (dont la BEI est l’actionnaire majoritaire).

Le plan Juncker, plan d’investissement pour l’Europe devant mobiliser 500 milliards d’euros de 2015 à 2020, occupe une place importante dans l’activité de la BEI ces dernières années. La banque gère en grande partie le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), pilier financier et principal volet du plan. 1,8 milliard d’euros a été prêté en 2019 au titre de ce plan en France, qui en est la principale bénéficiaire en volume.

Qu’est-ce que le plan Juncker ?

458 milliards d’euros d’investissements privés ont pour l’heure été mobilisés par le plan Juncker (92 % de l’objectif final). A compter de 2021, celui-ci sera remplacé par le programme InvestEU.

Le Brexit surmonté

Le départ du Royaume-Uni de l’UE le 31 janvier 2020 faisait craindre une importante perte de fonds pour la BEI, qui aurait pu nuire au financement de ses projets. En quittant l’Union, le pays s’est en effet également retiré du capital de la banque, dont il représentait 16 %, soit près de 40 milliards d’euros. Mais les Vingt-Sept se sont entendus pour augmenter leur niveau de contribution afin de combler cette perte. En conséquence, l’institution financière de l’UE ne prévoit pas de baisse d’activité en raison du Brexit. 



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