Élisabeth Borne presse la SNCF, grande consommatrice de glyphosate, d’en bannir son utilisation



Publié le 13 janvier 2020

La SNCF s’était engagée à renoncer au glyphosate en 2021. Devra-t-elle en sortir dès cet été ? C’est en tout cas le vœu de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, qui compte interdire l’usage des pesticides non agricoles pour l’été. L’enjeu est de taille pour l’entreprise ferroviaire, grande consommatrice de glyphosate, qui cherche toujours des alternatives satisfaisantes. 

La SNCF, qui s’était engagée à ne plus utiliser de glyphosate en 2021, devra-t-elle presser le pas ? Dans une interview sur BFMTV, la ministre Transition écologique et solidaire a rappelé que l’entreprise devrait « sortir du glyphosate » dans le cadre de l’interdiction des pesticides non agricoles. Le gouvernement veut la mettre en œuvre avant l’été. Cette interdiction « a un coût » pour l’entreprise publique, « mais personne ne comprendrait que la SNCF ne s’engage pas dans la sortie du glyphosate », a-t-elle estimé. Elle ajoute : « ça a aussi un coût d’utiliser des produits qui soulèvent des questions ».

Déjà banni pour les collectivités et les particuliers, l’usage des pesticides reste autorisé seulement sur les espaces verts privés non ouverts au public, comme les copropriétés et les terrains gérés par les entreprises, notamment la SNCF, grande utilisatrice de glyphosate pour désherber ses voies et leurs abords immédiats. L’entreprise ferroviaire, qui consomme 0,4 % du glyphosate utilisé en France, avait pris les devants en 2018 se calant sur l’objectif d’Emmanuel Macron d’interdire l’herbicide en 2021.

« On n’a pas une solution miracle mais on a plusieurs solutions »

Depuis cette date, la SNCF cherche des alternatives. Elle a lancé une dizaine d’expérimentations, allant de l’utilisation de substances naturelles qui tuent les herbes à la pose de films qui empêche la croissance de la végétation. « On n’a pas une solution miracle mais on a plusieurs solutions », avait déclaré en avril 2019 à l’Assemblée nationale Thomas Joindot, responsable de l’ingénierie de conception et de maintenance de l’infrastructure chez SNCF réseau. Mais « on a encore beaucoup d’incertitudes sur les coûts, sur l’efficacité, sur l’impact environnemental et sur les délais », avait-il ajouté.

Et la facture va être salée pour l’entreprise. Selon une étude de la Fondation Concorde, le budget désherbage de la SNCF passerait de 30 à 500 millions d’euros après l’interdiction du glyphosate. Et il faut faire vite, car il s’agit aussi d’assurer la sécurité de tous. La végétation pourrait retenir l’eau et déformer la plateforme et donc les rails, assure la SNCF. Les touffes d’herbe pourraient en outre gêner les rayons laser vérifiant l’écartement des voies ou perturber les tournées d’inspection des cheminots. Quant aux pistes longeant les voies, elles doivent impérativement être dégagées pour que les agents puissent se déplacer rapidement et évacuer les voyageurs en cas de problèmes.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP





novethic

A lire aussi

Laisser un commentaire